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VERS LES COMMUNALES : qu’en pensent les Guinéens ?

Enfin, c’est probablement la fin du cycle des reports des élections communales.  En tout cas, c’est l’espoir que l’on caresse avec le décret de convocation du corps électoral rendu public hier. En tout état de cause, notre rédaction a recueilli les propos de quelques citoyens. Et il en ressort que les avis sont plutôt partagés.

Soulagé, El hadj Oumar Baldé, architecte, estime que l’occasion est opportune pour sortir de l’impasse : «C’est une occasion à saisir pour enfin finir avec ces élections qui n’ont que trop durer. Chacun doit activement participer à ce scrutin pour tourner cette page de la Guinée. Je pense que le chef de l’Etat a fait un bon choix. Il ne faudrait pas que les gens oublient que c’est une phase très importante dans la vie de la nation guinéenne. Cela pourrait constituer un atout pour tous les Guinéens, qu’ils soient à l’étranger ou au pays

De son côté, Mohamed Kaba,  enseignant, n’est pas moins à l’aise. Mais il n’oublie pas que beaucoup de personnes ont payé de leur vie pour la tenue de cette élection : « Enfin, on va finir avec cette recréation politique. Malheureusement, il a fallu qu’il y ait des blessés, des destructions de biens publics et prives, voire des morts ». Dans la foulée, il dit souhaiter que les acteurs politiques fassent montre de responsabilité pour ne pas qu’il y ait d’autres victimes. Tout au moins dans le cadre de ces élections communales.

Chat échaudé craignant eau froide,  Fodé Soumah, lui, ne croit toujours pas : «Je pense que cette élection n’aura pas lieu. Vous entendrez très prochainement la CENI se plaindre du manque de budget, ou encore c’est l’opposition qui va crier à des élections truqués à l’avance, ou encore c’est le chef de l’Etat lui-même, de par ces humeurs va décider de suspendre les élections locales ».

S’intéressant plutôt à une autre dimension de l’élection en perspective, Etienne Balamou, professeur de sociologie, se projette déjà sur les résultats du scrutin. Et à l’en croire, on ne peut s’attendre à aucun suspense : «Qu’il y ait élections ou pas, ce qui reste clair, c’est que le gagnant est connu d’avance. Chacun fournira le maximum pour rester vainqueur de son fief, mais enfin de compte, le résultat maintiendra le parti au pouvoir comme majoritaire du scrutin.»

Enfin, Mariam Sylla, une étalagiste, est de la catégorie des désabusés. De ceux qui en ont marre de la politique tant celle-ci est synonyme à mensonge et tromperie. «Qu’il y ait élections ou pas, ce n’est pas mon problème. Je suis né dans ce pays, j’y ai grandi et jusque-là, le changement tant prôné par les régimes qui se sont succédé, ne s’est jamais produit. S’ils veulent, qu’ils organisent les élections, s’ils veulent, qu’ils laissent. Ce qui reste clair, c’est que moi, je n’ai rien à gagner ni à perdre. Ce sont eux qui profitent de tous les honneurs, pas nous.»

Un cri de désespoir qui devrait parler aux acteurs politiques de tous les bords

Ibrahima Kindi BARRY

621 265 823

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