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SLECG : le siège victime de la bataille des tendances

Dans la matinée de ce mercredi 8 août 2018,  entre 6 et 7 heures du matin, le  siège national du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG)  sis à Donka, dans la commune de Dixinn, a été la cible d’une attaque dirigée par un groupe de jeunes armés de gourdins, marteaux et autres armes blanches. Résultat ? Notre reporter qui y a fait un tour a constaté que les portes étaient défoncées, les bureaux vandalisés, des vitres brisées et des téléviseurs et ordinateurs cassés. Le camp d’Aboubacar Soumah qui y tenait ses rencontres pointe un doigt accusateur sur l’USTG et l’autre version du SLECG.

Mohamed Bangoura, chargé de communication du SLECG version Soumah rend compte des circonstances de l’attaque :

Ce matin, nous avons été réveillés par un coup de fil du gardien. Alors qu’il nettoyait la salle de réunion, il a entendu un bruit. Il est donc descendu pour demander les raisons pour lesquelles des jeunes tapaient sur le cadenas. Ces derniers ont répondu qu’ils étaient mandatés par Dr. Souleymane Sy Savané (ancien secrétaire général du SLECG, ndlr). Ce faisant, ils se sont rouillés sur lui et l’ont  bastonné au vu et au su de gendarmes dont le pick-up était juste posté à l’entrée du siège. Un véhicule blanc, qui transportait dame Kadiatou Bah (secrétaire générale de l’autre version du SLECG, ndlr).

Sur les dégâts occasionnés par l’attaque, Mohamed Bangoura a fait état d’appareils, d’ordinateurs, de dossiers ainsi que les recettes de vente de cartes d’une valeur de 30 millions GNF qui seraient emportés. Quant aux auteurs de l’attaque, il indique qu’elle a été pilotée par un certain « Aboubacar Kaba qui est le soi-disant porte-parole du SLECG de Kadiatou Bah, accompagné d’un jeune que nous avons reconnu du nom de Diaby, qui n’est ni enseignant, ni fonctionnaire, mais qui est plutôt un jeune qui traine dans les rues de Gbessia port, dont nous avons eu la chance de récupérer la moto ». Remontant la chaine de responsabilité, il accuse l’USTG et Mme Kadiatou Bah en particulier d’avoir « recruté des loubards pour saccager le siège qui nous a été offert sur décret présidentiel de feu général président Lansana Conté »

Sur les raisons qui pourraient justifier l’attaque, il avance la désaffiliation du SLECG de l’USTG. Cette décision viderait en fait la centrale syndicale de sa substance et lui enlèverait toute consistance.  En tout état de cause, Mohamed Bangoura annonce qu’une action judiciaire sera engagée pour « vol avec effraction et vandalisme de nos appareils et destruction des biens et matériel ». Mais les syndicalistes n’entendent pas s’en tenir à cette action judiciaire. « Si l’Etat ne fait rien pour poursuivre les assaillants à la justice, il n’y aura pas d’ouverture des classes», menacent-ils.

Joint au téléphone, Kadiatou Bah a tout d’abord nié l’attaque. « Le siège du SLECG n’a jamais été attaqué, et je le répète encore le siège du SLECG n’a jamais été attaqué », martèle-t-elle sans sourciller.  Sa version à elle, ce serait que les membres de l’exécutif du SLECG (ceux qui lui sont fidèles en fait) sont venus ouvrir les lieux.  Informé de cette intention, Aboubacar Soumah aurait instrumentalisé des loubards pour empêcher cette ouverture en usant de jets de pierres. « J’avoue que je n’étais pas aux alentours, mais c’est sur les lieux même que je suis allée », reconnait-elle fièrement.  Mais vu que des gendarmes étaient déjà sur le terrain, elle n’est pas entrée. Elle aussi annonce une plainte contre ceux qui ont agressé les siens.

Bref, la bataille reprend de plus belle entre les deux tendances du SLECG, avec manifestement l’Etat pour tirer les ficelles. Une nouvelle fois, devrait-on conclure.

Balla Yombouno

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