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RDC : L’opposition en quête d’unité

Depuis hier, l’opposition congolaise, toutes tendances confondues, est en conclave à Bruxelles (Belgique) pour tenter d’aplanir ses divergences et, espère-t-elle, pour définir une stratégie commune face au pouvoir incarné par Joseph Kabila. Tout naturellement, c’est Etienne Tshisekedi qui assure le leadership des discussions. Si une telle initiative est salutaire, il y a que cependant l’opposant historique continue à entretenir un flou et une confusion qui n’augurent rien de bon. En effet, dans son discours d’hier, il a clairement laissé entendre qu’il n’est pas question qu’on laisse Joseph Kabila aller au-delà de la limite constitutionnelle à lui tracée. Toutefois, le leader charismatique de l’UDPS tient encore à son idée de participation au dialogue politique sollicité par le pouvoir congolais. Un prétendu dialogue dont on sait qu’en réalité, il n’est destiné qu’à distraire les opposants.

Tshisekedi, suspect

A quoi joue Etienne Tshisekedi ? Son appel en faveur de l’unité congolaise est-il de bonne foi ou bien, en service commandé, chercherait-il à amadouer la tendance radicale de l’opposition de manière à lui faire avaler le glissement électoral qu’ambitionne Joseph Kabila ? Le leader de l’UDPS se doit d’autant plus de clarifier sa position que son obsession pour le dialogue politique préconisé par le président congolais est suspecte.

Dialogue inapproprié

En effet, d’une part, le dialogue en question n’est d’aucune nécessité. Le sujet de friction entre la majorité et l’opposition se rapportant à la limite du mandat actuel du président Joseph Kabila, il n’y a pas matière à discussion. La constitution est précise. Le président a droit à deux mandats qui arrivent à terme en fin d’année. Du coup, la seule alternative qui vaille, c’est l’organisation de l’élection présidentielle à date pour permettre au peuple de trouver le successeur à Joseph Kabila.

Edem Kodjo, parti pris évident

D’autre part, l’ancien premier ministre togolais, Edem Kodjo, chargé par l’Union africaine de conduire ce dialogue n’inspire aucune confiance. D’un parti pris des plus évidents, il semble en effet incapable de tenir un discours de vérité au camp Kabila. De fait, de son point de vue, sa mission consiste en réalité à éviter au Congo une crise politique. Et pour y arriver, il est plus disposé à faire pression sur les opposants pour que ces derniers avalisent l’argument sur l’impossibilité d’organiser les élections.

Des opposants au dialogue

Avec cette posture très conciliante (sinon de complice) d’Etienne Tshisekedi, il n’est pas évident que l’opposition congolaise retrouve son unité. Car au sein notamment du G7, de la Dynamique et même dans l’entourage de Moïse Katumbi, on ne veut surtout pas légitimer le dialogue que souhaite Kabila. De leur point de vue, cela passerait pour un premier pas en direction de l’acception de fait de la logique du glissement électoral.

Boubacar Sanso Barry

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