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RD CONGO : le suspense jusqu’au bout

Il faudra donc attendre ce mercredi, ultime journée du délai de dépôt des dossiers de candidature, pour connaître celui ou celle qui devrait postuler au nom de la mouvance présidentielle en République démocratique du Congo (RDC). De même, c’est également ce mercredi qu’on devrait être définitivement fixé sur les intentions de Joseph Kabila par rapport au scrutin du 23 décembre prochain. Car même si certains indices laissent croire qu’il se gardera de tenter le diable une nouvelle fois, avec lui, on n’est jamais trop prudent.

l’indice

A priori, le président Joseph Kabila ne devrait pas prendre part aux prochaines élections présidentielles dans son pays. Bien qu’il ne se soit pas encore clairement prononcé sur la question, le porte-parole du gouvernement congolais a donné hier un indice plutôt rassurant sur ce point au moins. Interrogé par nos confrères de RFI, Lambert Mendé, subitement courtois et agréable, a rappelé les engagements de Joseph Kabila quant au respect de la constitution. Or, si on suit cette logique, on sait que la charte nationale en RDC limite à deux le nombre de mandat pour le président de la République. Un nombre que le président sortant a déjà suffisamment épuisé.

Quant au suspense que le camp présidentiel a entretenu jusqu’au bout autour de son candidat aux prochaines élections, Lambert Mendé a indiqué que c’est une « tactique électorale ». Il n’a peut-être pas tort. Mais il n’y a pas que ça comme explication. Cette stratégie qui consiste à attendre l’ultime moment pour dévoiler le nom du candidat du pouvoir est symptomatique de certaines craintes qui habitent Joseph Kabila. De fait, la perspective du départ du pouvoir devenant aussi évidente qu’inéluctable, le dirigeant congolais pense à l’après-pouvoir. Or, il a conscience que cette période pourrait être compliquée pour lui. Une fois qu’il ne sera pas l’hôte de son palais et qu’il ne pourra plus nécessairement compter sur la protection de sa garde prétorienne et sur la justice qu’il commande aujourd’hui, bien de Congolais pourraient avoir notamment à lui demander des comptes sur sa gestion du pays, faite de copinage et de népotisme. Cette sombre perspective est en réalité à la base de la tactique dont parle Lambert Mendé.

le pacte

Ainsi, Joseph Kabila pourrait avoir scellé un pacte avec le candidat de son camp. A lui de conférer à ce dernier toutes les chances de se faire élire au soir du 23 décembre 2018. En retour, celui-ci, une fois sur le fauteuil présidentiel, devra lui garantir une certaine sécurité et le prémunir de poursuites judiciaires. Aussi, le président congolais se met en devoir de remplir sa part de contrat en limitant au strict minimum le nombre de candidats dans son camp. Ainsi, celui qu’il a envie de faire émerger sera le seul que les autres viendront accompagner. L’unité que Kabila s’efforce de promouvoir dans les rangs du FCC n’est donc pas dénué d’arrière-pensées. A la base, il y a l’avenir et les appréhensions que celui-ci inspire au président sortant. Même s’il doit savoir qu’aucune manœuvre ne peut garantir de manière absolue la sécurité qu’il cherche. En cela, l’exemple de l’Angola voisin est suffisamment éloquent.

Boubacar Sanso Barry

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