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RD CONGO : encore des morts à Kinshasa

Cent, mille, …combien de Congolais devront-ils tomber encore sous les balles des sbires de Joseph Kabila pour que la communauté internationale consente à mettre fin à cette spirale meurtrière ? C’est désormais la seule question qui mérite d’être posée. En effet, on ne comprend pas le silence de l’Union africaine et des chancelleries occidentales face à la politique de liquation que le président congolais mène exprès contre ses propres compatriotes. Se refusant de débarrasser le plancher, il s’évertue, l’arme au poing, à interdire aux Congolais de protester contre son maintien illégal à la tête du pays. Ainsi, à chaque manifestation, son lot de victimes, tuées par des policiers et des militaires, usant d’armes chargées avec de balles réelles et ne redoutant aucune sanction. Et le monde entier, à l’exception notable du Pape François, choisit de regarder ailleurs. Dommage!

Les faits parlent d’eux-mêmes. L’attitude dont les forces de police ont fait montre face aux marcheurs d’hier à Kinshasa ne relève nullement d’un maintien d’ordre. Elle relève plutôt d’une répression pensée pour punir. Autrement, contre des manifestants civils et désarmés, on n’userait pas d’une automitrailleuse comme celle dont les rafales ont été fatales à une innocente jeune fille de 16 ans dans les environs de l’église Saint-François-de-Salles. De même, s’il ne s’agissait que du maintien d’ordre, on ne s’en prendrait certainement pas à des fidèles qui n’étaient armés que des rameaux, du crucifix et de chapelets. Aussi, le mérite de la manifestation organisée par le Comité laïc de coordination est de faire ainsi tomber le masque du régime. Du moins pour ceux qui en doutaient encore. Six victimes le 31 décembre. Autant hier. On ne peut plus reprocher aux Congolais de ne s’être pas battus contre l’autocrate qui leur sert de président. Mais on ne peut en dire autant de la communauté internationale, à commencer par l’Union africaine.

En effet, le paradoxe est saisissant. Pendant qu’à Kinshasa, les morts se comptent par dizaines et que l’on coupe internet et interpelle à gauche et à droite, le monde entier fait comme si de rien n’était. Personne n’est manifestement indigné. Bien entendu, de la part des Etats-Unis, l’attitude n’a rien de surprenant vu qu’aux yeux de Donald Trump, l’Afrique est assimilable à un tas de merde. Mais de la part de la France, on assiste à un recul gravissime par rapport à la position de fermeté que François Hollande avait exprimée vis-à-vis du refus de Joseph Kabila d’organiser les élections à bonne date. Mais c’est incontestablement du côté des Etats africains en général et de l’Union africaine en particulier que la déception est la plus grande. En effet, cette institution ne cesse de revendiquer une certaine maturité qui justifierait, selon elle, qu’on la respecte. Seulement, avec son attitude timorée et à la limite complice vis-à-vis de ce que Joseph Kabila impose aux siens, elle ne peut espérer aucun respect. Comme c’est souvent le cas, le club de chefs d’Etat qu’est l’instance panafricaine, choisit le président congolais aux dépens du peuple congolais. Comme pour dire que la solution ne viendra pas des hauteurs d’Addis-Abeba qui s’apprête pourtant à accueillir le 30ème sommet ordinaire de l’institution.

Boubacar Sanso Barry

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