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RAPPORT HRW : la contre-attaque de la Guinée

Le ministère des Mines et de la Géologie n’est pas d’accord avec le contenu du rapport rendu public hier par Human Rights Watch, dans lequel il est fait état de répercussions négatives de l’exploitation minière sur l’environnement et les communautés dans la région de Boké. Via son consultant, Moussa Garba, le ministère rétorque que l’ONG n’a pas pris en compte tous les efforts que la Guinée consent en vue de limiter les effets qu’elle pointe dans son rapport.  

Deux sociétés sont particulièrement concernées par le rapport de l’ONG, à savoir la Société minière de Boké (SMB, un consortium lié au premier producteur mondial d’aluminium, China Hongqiao Group, et la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG), codétenue par les multinationales Alcoa et Rio Tinto.

A la suite des constats qu’elle a établis, l’ONG invite la Guinée à prendre des mesures immédiates pour mieux réglementer les activités des sociétés minières, à l’effet de protéger les communautés. « Si  l’exploitation de la bauxite n’est pas correctement réglementée,  elle met en péril le mode de vie et les moyens de subsistance des dizaines de communautés qui vivent à proximité des activités d’exploitation minière », a déclaré Jim Wormington, chercheur à la Division Afrique de Human Rights Watch. Selon lui en effet, l’accroissement du secteur de la bauxite a trop souvent pris le pas sur la protection de l’environnement et des droits humains.

Dans sa réaction, Moussa Garba pointe tout d’abord l’échantillon considéré par l’ONG qui, à l’en croire, n’est pas suffisamment représentatif. « Pour l’essentiel le rapport s’est basé sur une étude d’impact environnementale sur deux société minières : la CBG et la SMB. Or, ils ont utilisé  les travaux que le ministère des Mines et de la Géologie  a conduits portant sur neuf sociétés : CBK, COBAD, CBG,  SMB, GAC en Basse Guinée ainsi que  la SMD et la SAG en Haute Guinée etc. »  Toutefois, Moussa Garba joue la collaboration. « Qu’à cela ne tienne ! Nous allons prendre les quelques informations pertinentes qui sont dedans  et les remonter à qui le droit », promet-t-il.

Mais en attendant, il a rendu compte des efforts et des initiatives que le ministère avait indépendamment enclenchés pour prendre en charge les problèmes sociaux et environnement mis en évidence par HRW. « Nous avons reçu les 9 sociétés en plénière. Elles se sont  défendues sur les éléments qui figuraient dans le rapport. Ensuite, on a eu aussi des échanges avec les sociétés. Elles ont pris des engagements. Parmi elles, il y en a deux qui sont avec des standards très avancés,  notamment sur la question de traitement de l’eau », rappelle-t-il.  Il reproche même HRW d’avoir mené son enquête à charge, dans la mesure où les auteurs du rapport n’auraient pas pris en compte les aspects positifs pourtant contenus dans les documents qu’ils sont consultés : « Nous avons fait  une évaluation  de 9 sociétés dont beaucoup d’éléments ont été repris par nos amis de Human Rights Watch.  Sauf que beaucoup d’autres éléments positifs ne sont malheureusement  pas pris en compte par eux. On l’aurait peut-être approuvé, si tous les éléments positifs étaient contenus dans leur rapport ».

Balla Yombouno

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