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OPERATION DEGUERPISSEMENT : l’Etat se tourne vers Kipé 2

Après Kaporo rails, c’est autour des maisons et baraques situées à Kipé 2 de se voir touchées par l’opération de démolition entreprise par le ministère de la Ville et de l’Aménagement du territoire. A la surprise générale, les bulldozers sont entrés en action ce mardi, en présence des responsables du ministère, accompagnés d’un impressionnant dispositif de sécurité.

Sous le regard impuissant des propriétaires, les maisons et baraques sont démolies, les unes après les autres. En assistant ainsi à la destruction de demeures qu’ils ont quelquefois mis des années à construire, certains s’effondrent en larmes. Interrogés par notre rédaction, quelques-uns disent n’avoir même pas été alertés. Et c’est quand ce matin, on leur a subitement appris que les maisons allaient être cassées, que certains, à la hâte et dans la confusion, ont essayé de sortir ce qu’ils pouvaient sortir.

Jusqu’à ce matin, Mamadou Lamarana Diallo vivait dans une cour avec deux villas. Il y habite depuis 42 ans. Les maisons appartiennent  à son frère qui vit en France. «  On a été surpris ce matin de voir ces Caterpillar devant nos maisons. On n’a jamais été prévenu ou avertis de quitter les lieux avant l’opération de déguerpissement. L’Etat est venu par surprise pour nous déguerpir. On a tous les documents légaux », confie-t-il.  Ajoutant dans la foulée qu’il ne sait plus où aller avec ses cinq enfants.

Mohamed Kalil Cissé, lui, n’habite pas le quartier Kipé 2. Il y avait un site d’entreposage de vieilles pièces de voiture et d’autres types de métaux qu’il revendait. On lui avait baillé le site pour un an, mais il ne l’occupe que depuis quatre mois. Lui non plus ne comprend pas l’attitude des autorités : «  on savait que les lieux seraient déguerpis, mais sans avertissement, un beau matin on vient mettre les croix sur les maisons et en quelques heures on  les casse,  sans donner le temps aux occupants de sortir leurs biens, c’est incroyable ! Il est bien de construire le pays, mais il faudrait penser à recaser les populations »

Pour lui, avec les victimes dont on casse ainsi les maisons, l’Etat se comporte comme s’il ne s’agissait pas de Guinéens. « Ils nous prennent  pour des étrangers dans ce pays et pourtant nous sommes tous des Guinéens. Le ministère nous avait dit que nous ne serions pas concernés  dans cette opération. Ce après avoir réalisé qu’on a des titres fonciers. Hélas, c’est en se réveillant ce matin que nous avons vu les croix sur nos maisons. Je suis vraiment dépassé », lâche-t-il encore, dépité.

Balla Yombouno 

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