ledjely.com

N’ZEREKORE : ‘’Forêt forte’’ épinglée dans une enquête

A N’zérékoré, les organisations de la société civile ont procédé le vendredi 30 novembre à la restitution des résultats d’une enquête réalisée dans 15 localités où la société ‘’Forêt forte’’ exploite du bois dans la région. Il en ressort que l’entreprise n’honore pas ses engagements vis-à-vis des communautés et que l’exploitation des forêts classées de Ziama et de Diécké constituerait un risque évident de déstabilisation de la région.

Au total, ils étaient une trentaine de personnes venues des services techniques de l’environnement des préfectures de Lola, Macenta et N’zérékoré, des organisations de la société civile et de la société Forêt forte à prendre part à cette rencontre. « Les résultats de cette enquête auprès de 15 communautés dans les préfectures de Macenta, Lola, et N’zérékoré nous prouvent à suffisance que la société forêt forte, partout où elle est passée, n’a pas honoré ses engagements. Donc, elle ne peut pas procéder à une exploitation sélective dans les deux forêts qui restent aujourd’hui à la région », a déclaré le président du conseil préfectoral des organisations de la société civile de N’zérékoré, Mathieu Manamou. Qui n’aura pas caché que sur la foi des résultats de l’enquête, il faudra annuler l’autorisation d’exploitation des forêts de Ziama et Diecké.

Saisissant la balle au bond, Jean Gbady Guilavogui , chef du District de Sédimè dans la préfecture  de Macenta a, lui aussi, dénoncé le non-respect des protocoles établis entre la société forêt forte et la communauté ainsi que la corruption qu’exerce cette société. « Dans mon village, elle exploite le bois mais ne réalise aucune action contenue dans la convention de cohabitation. Elle nous avait promis la construction d’un bâtiment d’accueil, un terrain de football. Aucune de ses réalisations n’est achevée, et c’est la communauté elle-même qui a finalisé le reste des travaux », explique-t-il. Pour lui, il n’est plus question d’exploiter les forêts de Ziama et de Diécké, en raison des conséquences sur la vie des communautés. « Pour acheter ma conscience afin que je puisse convaincre ma communauté à accepter l’exploitation de Ziama, la direction de la forêt forte m’a invité à N’zérékoré pour me proposer un bâtiment fermé de 3 chambres avec une douche, mais j’ai rejeté l’offre », raconte Jean Gbady Guilavogui.

Sauf que la société ainsi incriminée ne reconnait pas les faits à elle reprochés. A l’en croire, les accusations sont fruit d’une manipulation. Selon Cécé Doré, un de ses responsables chargés des relations communautaires, les témoignages faits par les communautés ne sont pas fondés. « La société forêt forte respecte ses engagements vis-à-vis des communautés.  Aujourd’hui nous intervenons dans 151 villages de la forêt et partout nous respectons nos engagements. Mais je suis étonné d’entendre certains citoyens manipulés par la société civile réagir de la sorte », dit-il.

En présidant les travaux de cette session de restitution, le Directeur régional adjoint de l’Environnement, des Eaux et Forêts de N’zérékoré, Fara Kamano a expliqué que la démarche se fonde sur des argumentaires pouvant faire revenir les autorités sur leur décision de mise en exploitation des sites forestiers de Ziama et de Diécké. A son avis, il faudrait s’orienter vers une exploitation dont l’impact sur la biosphère serait moindre. « Je vous invite à une réflexion poussée afin de produire un document qui soit accepté de tous », dit-il.

N’zérékoré, Niouma Lazare Kamano correspondant régional pour ledjely.com

Contact : 622783505

Facebook Comments
Print Friendly, PDF & Email
sanso@ledjely.com, admin@ledjely.com Tel : 628 10 87 62

Laisser un commentaire

ledjely.com

GRATUIT
VOIR