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MALI : les terroristes frappent à nouveau

Sept ans que cela dure ! Au Mali, à chaque fois qu’on a cru avoir coupé la tête du serpent et vaincu le terrorisme, celui-ci s’est relevé et a continué à endeuiller les familles, à traumatiser les communautés et à écorner l’image du pays tout entier. La présence simultanée de la Minusma, de Barkhane et des forces armées maliennes n’y fait rien. L’accouchement laborieux des troupes du G5 Sahel, quant à lui, n’est manifestement pas fait pour impressionner les terroristes.

Dispersés par la force de frappe de Serval, tout au début de l’invasion du pays, en 2012, ils ont depuis, se subdivisant en plusieurs de Katiba, les unes plus autonomes que les autres, essaimé dans tout le pays, y compris dans le centre et le sud, qui demeuraient relativement à l’abri. Leur diffusion est telle que le Burkina Faso et le Niger en sont affectés. Or, parallèlement à cette expansion effrénée, les terroristes, au gré des rapines et autres trafics, se renforcent en armement, en moyens logistiques et en tactique. D’où les attaques de plus en plus osées auxquelles ils se livrent. Comme cela été le cas hier à Dioura, dans le centre du pays, avec un bilan lourd de 21 militaires tués.

Selon les quelques informations rendues disponibles, ceux qui s’en sont pris au camp de l’armée malienne, seraient dans la ville par vagues. Une première serait discrètement arrivée le samedi. Certainement pour ne pas éveiller des soupçons par leur nombre, mais aussi pour servir d’éclaireurs. La seconde vague, quant à elle, serait arrivée le dimanche, en motos et en voitures. Et les deux groupes auraient pris par le camp en tenaille, l’un par le sud, l’autre par le nord. L’effet de surprise aidant, les capacités de riposte des troupes régulières étaient quasi nulles. Du coup, les assaillants se sont rendu maîtres du camp. L’armée malienne n’a pu reprendre le contrôle du camp que des heures après l’attaque. D’ailleurs, on ne sait pas si ce sont les soldats amenés en renforts qui ont délogé les assaillants ou si ces derniers auraient délibérément fait le choix de partir, considérant que la mission qu’ils s’étaient fixés était terminée.

Quoi qu’il soit, cette attaque est celle de trop. D’autant qu’elle relève d’une longue série noire dont le dernier cas en date remontait au mardi dernier, avec six soldats maliens tués dans l’explosion d’une mine au passage de leur véhicule, à Mopti. On n’oublie pas non plus les casques bleus guinéens tués dans une embuscade à eux tendue, le 22 février dernier, à Siby, à 44 km au sud de Bamako. Les autorités maliennes et les partenaires impliqués dans cette délicate bataille contre le terrorisme doivent donc se débarrasser de leurs œillères. Si les militaires eux même ne sont pas épargnés, qu’on imagine donc à quels risques les populations civiles, totalement désarmées et incapables de se défendre, sont exposées. Bien entendu, on a conscience que la situation est loin d’être idéale et que le terrorisme est un phénomène auquel il n’est guère facile de venir à bout.

Mais la situation actuelle est tout simplement inacceptable. Qu’on repense les stratégies, si cela dont il est question. Qu’on s’assure de l’implication et de la coopération des populations, si c’est cela la solution. Qu’on persuade les signataires de l’accord de paix d’Alger à respecter leurs engagements respectifs. Bref, qu’on use de tous les moyens et de toutes les stratégies qu’il faut. Mais il faut que la peur change de camp.

Boubacar Sanso BARRY

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