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LA PAIX AU MALI: les caprices en embuscade

Les supputations et autres querelles qui entourent le démarrage, ce lundi, de la conférence d’entente nationale au Mali, en disent long sur le paradoxe qui est celui de ce pays. C’est à croire que les différentes composantes de la nation malienne n’ont toujours pas réalisé la nécessité urgente d’aller à l’unité et à la paix. Pourtant les faits sont là, têtus. Dans la nuit de vendredi à samedi, à Almoustarat, à 120 km de Gao, l’attaque contre un poste de l’armée régulière, s’est soldée par la mort d’au moins 2 soldats maliens. Quelques heures plus tôt, à Ouélessébougou, à seulement 80 km de Bamako, c’est un poste de douane qui essuyait le même type d’attaque, avec comme bilan un mort et un blessé grave. Par ailleurs, en milieu de semaine dernière, dans le centre du pays, des affrontements intercommunautaires opposant des éléments de la minorité peule et des chasseurs traditionnels Bambara, faisaient au moins une dizaine de morts. Pourtant, des acteurs importants de cette crise opposent à l’appel à la paix et à la réconciliation, quelques caprices mesquins.

Conditions farfelues

Certains acteurs de la crise malienne seraient-ils opposés au retour à la paix ? Au vu des agissements de quelques-uns d’entre eux, on est bien forcé de répondre par l’affirmative. Parce qu’autrement, on ne comprend que très difficilement qu’à propos de la conférence d’entente nationale qui devrait commencer ce 27 mars, certains posent des conditions à leur participation. Et des conditions plutôt farfelues. En effet, pour d’aucuns, la colère viendrait du fait qu’ils n’auraient pas été suffisamment associés au processus de préparation des assises nationales. Pour d’autres, les griefs porteraient sur les dates ou la durée de la conférence. Pour d’autres encore, ce serait parce que la conférence est organisée alors que certains réfugiés et déplacés de guerre ne sont pas de retour chez eux. En des circonstances moins préoccupantes, tous ces griefs seraient légitimes et recevables. Mais le processus de retour de la paix au Mali devrait-il être bloqué par de telles récriminations ? Très franchement non!

Des intentions moins avouables

Du coup, il est à se demander si ces griefs ne cachent pas d’autres intentions moins avouables. En l’occurrence, des acteurs de cette lancinante crise ne sont-ils pas en réalité opposés au processus de pacification du pays ? Ou tout au moins, la paix du Mali n’est-elle pas subordonnée à des intérêts pécuniaires ? Parce qu’en définitive, c’est de cela dont il s’agit. L’Etat malien s’étant révélé à la fois décadent et déliquescent, voilà que certains en profitent pour le faire chanter. Une attitude à la limite compréhensible de la part de la CMA. Mais une attitude moins attendue de la part des groupes armés pro-gouvernementaux et de la classe politique malienne. Les premiers parce qu’ils sont censés agir selon les intérêts du gouvernement légitime et la seconde parce qu’on attend de ses membres plus de responsabilité et de décence. Et c’est pourquoi de la part des deux, la déception est des plus grandes.

Boubacar Sanso Barry    

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