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KINDIA : le tissage, une activité en survie

Inondé par les produits industriels importés des quatre coins du monde, le marché guinéen offre très peu de place aux produits de l’artisanat local.  Mais des travailleurs à la main, nostalgiques d’un passé certes faste mais à jamais révolu, il y en a encore. On peut particulièrement les rencontrer à Kindia, perdus dans les quartiers, parce que n’ayant pas d’ateliers dignes de nom.  Ainsi, dans le quartier Thierno Djibiya, dans la commune urbaine, notre correspondant a remarqué un groupe de tisserands qui, quoiqu’installés à l’ombre des manguiers, n’attirent pas moins la clientèle.

La pratique du métier de tissage ne date pas d’aujourd’hui. En Afrique généralement, le tissage est un travail qui se transmet de père en fils. Karifa Diallo en est un exemple, il est originaire de Labé. Encore fier de son métier, il se félicite d’en récolter de quoi subvenir aux besoins de sa famille :

Je pratique ce métier depuis mon enfance au côté de mon père et c’est lui qui m’a appris. Très souvent, les clients me déplacent exprès pour le Sénégal et le Mali notamment. Et quand ça arrive, je ne vous cache pas que ça me rapporte beaucoup d’argent.

Il ajoute qu’en ce moment, la clientèle lui vient davantage de la Sierra Léone voisine.

Pour autant, le métier de tissage, ce n’est pas que ce côté bénéfice. Si par le passé, les tisserands pouvaient aisément trouver les matériels dont ils ont besoin à Manéah (Coyah), désormais, pour s’en procurer, ils font de plus longs trajets pour se rendre notamment à Abidjan, Ouagadougou ou encore Bamako. Ils sont donc assujettis au paiement des frais  de douane au niveau des frontières. Autant de frais qui se répercutent tout naturellement sur les prix des tissus proposés.

A Kindia, les tisserands proposent généralement trois types de tissu, chacun ayant un prix qui lui est spécifique, en fonction de la qualité et de la résistance potentielle. Le premier type, il est dit ‘’Simple’’. Il  se négocie à 150 000 GNF. Le deuxième se nomme ‘’Bouton’’ et s’arrache à 200 000 GNF. Quant au dernier, on l’appelle ‘’Double bouton’’ et il vaut  250 000 GNF.

Des entretiens réalisés par notre correspondant, il ressort que les tisserands de Kindia n’entretiennent aucune relation de collaboration avec la chambre de commerce préfectorale. Celle-ci  exige d’eux, la création d’un compte bancaire  et un  fonds de caisse qui se chiffrerait à plus de 10 millions GNF. Une mise de départ qui, à en croire Aliou Savané, un d’entre eux, serait au-delà de leur capacité de mobilisation financière.  Cet isolement par rapport aux structures formelles (y compris celles étatiques) prive les tisserands de Kindia d’un quelconque appui. Ce qui, selon Mamadou Oury Diallo, est de nature à en rajouter aux difficultés auxquelles les praticiens du tissage restent confrontés dans la capitale des agrumes :

Nous n’avons pas d’ateliers adéquats, et comme vous pouvez le voir, nous sommes installés sous les manguiers pendant cette période de saison sèche. Pendant la période des grandes pluies, nous nous installons au niveau des vérandas  des écoles. Bien entendu, ce n’est pas le confort, mais nous n’avons pas le choix.

KINDIA, Balla Fakoly, correspondant régional, ledjely.com

Tel: 625 10 88 66

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