ledjely.com

KHALIFA GASSAMA DIABY : le message a-t-il été incompris ?

Que se passe-t-il ? Oui, que passe-t-il pour que les propos et plus généralement la démarche du ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté de samedi dernier suscitent autant de controverse dans la cité ? Pourquoi un appel au calme et à la sérénité, une exhortation à la lucidité et à la pondération, font ils tout ce débat ? Le message n’a-t-il pas été compris ou bien les faucons voudraient exprès liquider le seul membre du gouvernement qui fait l’effort de se mettre au-dessus de la mêlée ?

A priori, depuis que la contestation électorale a débuté, Khalifa Gassama Diaby n’est pas le seul qui ait appelé à l’accalmie. D’autres, y compris dans les médias, l’ont également fait. Au sein de la société civile aussi. Mais aucun n’a reçu la réaction virulente qui a accueilli la démarche du ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté. Subitement, il passe pour l’incarnation de tous les péchés qu’on reproche aux autorités. Certes, en tant que membre du gouvernement, il y a sa part de responsabilité. Mais cela, il ne l’a jamais nié.

Par ailleurs, le samedi dernier, il a mis la forme et la fond dans son initiative. Ainsi, il ne s’est pas rendu dans un seul siège de parti politique. Tout au contraire, conscient des antagonismes et des risques d’interprétation et d’instrumentalisation, il a choisi de se rendre aux Assemblées générales des deux formations qui polarisent le plus le débat politique autour d’elles, à savoir le RPG et l’UFDG. Ce qui soit dit en passant n’était nullement une première. De même, dans les messages qu’il a respectivement délivrés à Gbessia (siège du RPG) et à la Minière (siège de l’UFDG), il a pris le soin de préciser qu’il ne s’exprimait nullement en leader politique et qu’il ne s’adressait pas non plus à des militants. En gros, il s’agissait, de son point de vue, d’une rencontre entre un représentant de l’Etat (entité suprême et au-dessus de la mêlée) et des citoyens de la République. Aux uns et aux autres, il a demandé de privilégier la Guinée, de donner force à la loi et à la justice et de renoncer aux discours susceptibles de précipiter le pays dans l’abîme. Au siège de l’UFDG, quand les premiers signes de désapprobation se sont manifestés, il a fait remarquer qu’il n’est nullement dans sa démarche de demander à quelqu’un de renoncer à la justice et au droit.

Bien entendu, on peut admettre qu’il n’avait nullement besoin d’agiter le chiffon de la CPI. En tant que ministre de la République, il est de son devoir d’incarner la confiance aux institutions nationales. Surtout que le fait d’avoir évoqué la CPI donnait l’impression qu’il avait à cœur de faire peur, d’intimider. Mais on peut lui trouver l’excuse de s’être exprimé davantage avec le cœur qu’avec la raison. Il était meurtri et affligé par le spectacle humiliant que son pays renvoyait de lui-même au monde. Mais il était certainement davantage affecté par le risque de déchirure sociale qui guette la Guinée.

Bref, rien de franchement incompréhensible. Si, du reste, on est de bonne foi.

Revoir les interventions du ministre dans les deux AG


Boubacar Sanso Barry 

Facebook Comments
Print Friendly, PDF & Email
sanso@ledjely.com, admin@ledjely.com Tel : 628 10 87 62

Laisser un commentaire

ledjely.com

GRATUIT
VOIR