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KAPORO-RAILS/KIPE 2 : la société civile porteuse d’un plaidoyer

Quelque peu prise de court par l’opération de déguerpissement récemment menée à Kaporo-rails et Kipé 2, la société civile guinéenne essaie de rattraper le coup. Ainsi, le Conseil  régional des organisations de la société civile de Conakry (CROSC-Conakry), avec à sa tête son président, Abdoul Sacko, était ce jeudi 11 avril au ministère de l’Unité nationale et de la Citoyenneté pour présenter le rapport d’une enquête qu’elle a menée à la suite des opérations dans les deux quartiers. Le conseil a ainsi pu mettre à la disposition du ministre, Mamadou Taran Diallo, ledit rapport assorti d’un certain nombre de recommandations.

«Nous avons fait ce travail de terrain pour savoir comment est-ce que nos concitoyens de Kaporo-rail et Kipé 2 se sont retrouvés dans cette situation. C’est aussi pour connaitre qu’est-ce que l’Etat a fait en amont en termes de protection sociale et de plan d’action sociale avant de les déguerpir et quels sont aussi les garde-fous en termes de titre foncier en Guinée.». Ainsi, Abdoul Sacko a déclinée les objectifs qui se rattachaient à l’enquête que son équipe a menée à la suite des opérations de déguerpissements à Kaporo-rails et Kipé 2. « L’autre objectif, c’est pour qu’aucun guinéen ne soit plus confronté à une situation de sans-abris due à la récupération des domaines de l’Etat », rajoute-t-il.

En ce qui concerne les constats, les membres du CROSC-Conakry disent avoir relevé une complicité voire même une complaisance de l’Etat par rapport à l’occupation des sites ayant récemment fait l’objet de déguerpissement. Ce, selon eux, à travers certains responsables locaux ou hauts cadres qui ont attribué ou encouragé les populations dans l’acquisition des domaines. De fait, selon les activistes de la société civile, le fait de laisser les populations s’installer dans ces domaines et y investir sans les en empêcher ou avoir un accord d’occupation (provisoire) à durée déterminée, confère une part de responsabilité non négligeable à l’Etat.

Maintenant qu’on n’en est plus là, le CROSC-Conakry recommande, entre autres, à l’Etat et ses partenaires,

  • la mise en place d’un plan social d’urgence pour le respect de la dignité humaine et la protection des populations déguerpies, en attendant le traitement au cas par cas des dossiers ;
  • Mettre à disposition des déguerpis de centres d’accueil et d’habitations provisoires pour tous les nécessiteux avant le mois de ramadan…
  • Aux humanitaires, ONG nationales et internationales: de poursuivre ou accompagner les actions humanitaires en cours, tout en évitant toute forme d’instrumentalisation de la souffrance des victimes;
  • De travailler à la protection des droits des déguerpis et promouvoir le dialogue entre l’Etat et les populations occupant d’éventuels domaines réservés pour éviter d’autres cas similaires dans le futurs.

Satisfait du travail accompli, le ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté, Mamadou Taran Diallo, a pris l’engagement de soumettre le document en conseil des ministres pour examen afin de trouver des solutions idoines.

A noter que dans le cadre de cette enquête, le CROSC-Conakry a collaboré avec la COJELPAID et le CNOSC, notamment pour les travaux de terrains jusqu’à l’élaboration du document.

Ibrahima Kindi BARRY

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