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JACOB ZUMA : la fin imminente

On peut désormais y aller sans s’entourer d’une quelconque prudence. Les jours du président Jacob Zuma à la tête de l’Afrique du sud sont dorénavant comptés. Il ne lui reste plus qu’un seul choix. Celui de partir avec une dose infime de décence ou non. En effet, l’exécutif de l’ANC n’a pas eu le choix. Face à l’entêtement du président, le parti a dû renoncer à l’approche discrète et courtoise. Ainsi, il est désormais publiquement demandé au président Zuma de rendre le tablier. Bien sûr, il n’est pas obligé d’obtempérer. Mais ce serait de sa part une résistance vaine. Car son départ anticipé faisant l’objet d’une quasi-unanimité, le parti pourrait très vite recourir à une motion de défiance. Là, il n’aura pas le choix.

Cyril Ramaphosa est donc sur le point de réussir son pari. Celui tout d’abord de se hisser au sommet de l’Etat. Mais bien avant, en déboulonnant l’actuel président, le nouveau chef de l’ANC renforce l’image qu’on se fait de son autorité et consolide l’espoir que les Sud-africains placent en lui quant à la lutte contre le cancer de la corruption qui gangrène le pays. C’était là un test crucial pour lui. Et il est en passe de le réussir avec une certaine maestria. On peut noter en effet à son actif qu’il a relativement réussi à préserver l’unité du parti pendant ces moments incertains et délicats. Certes, quand Jacob Zuma pliera les bagages, tout le monde, à l’ANC, n’organisera pas de fête. Mais on ne s’attend pas non plus à des défections et à des prises de position hostiles. Cyril Ramaphosa semble avoir convaincu la grande majorité de la nécessité de se débarrasser de Jacob Zuma. A défaut de soutenir ouvertement l’idée, les membres du parti admettent l’évidence de l’argumentaire.

Tacticien réputé, mais aujourd’hui esseulé, Jacob Zuma n’est donc plus maître de son destin. Ayant jusqu’ici réussi à déjouer les manœuvres le visant, il lui faut réaliser que l’heure de la fin a sonné. Et que toute tentative de résistance supplémentaire n’en rajouterait qu’à une fin de partie déjà très peu honorable. Le peu d’énergie qu’il lui reste, il devrait l’économiser. Elle lui sera certainement utile quand, devant la justice, on le mettra face à son bilan fait de scandales, les uns plus retentissants que les autres. Car contrairement à ce qu’il semble s’imaginer, il devra rendre compte. Déjà, des indiscrétions font état de la relance en perspective du dossier relatif aux commissions qu’on l’accuse d’avoir touchées dans le contrat de Thalès, l’entreprise française. L’espoir étant que son cas serve d’exemple à ses successeurs et que l’Afrique du sud, nation locomotive du continent africain, tourne enfin cette sinistre page qui la faisait ressembler à un de ces petits Etats du continent où la justice est si inféodée au chef qu’elle et lui ne font qu’un.

Lesdits successeurs sont ainsi avertis et n’auront ainsi aucune excuse.

Boubacar Sanso Barry

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