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IGNACE DEEN : comment accède-t-on au sang ?

C’est entre autres, à cette question que le tandem constitué de l’Association des journalistes en santé (AJS) & Laguineenne.info cherchait à répondre, quand, en avril dernier, il a initié l’enquête sur « les conditions d’accès au sang à l’hôpital Ignace Deen ». Il était surtout question de savoir si certaines rumeurs relatives au trafic de sang étaient fondées. Pour cela, les enquêteurs avaient suivi le processus d’accès au sang dans les services de maternité, pédiatrie et chirurgie, en interrogeant les médecins prescripteurs, les agents de l’unité de transfusion sanguine ainsi que les citoyens nécessiteux. Eh bien, à l’arrivée, sur la foi de la restitution dont la Maison de la presse a été le cadre, les enquêteurs disent avoir identifié des risques de corruption.

Plus explicite, Diariatou Diallo, porte-parole de circonstances revient sur la motivation principale de l’enquête : « nous voulions savoir si la pratique de surfacturation des poches de sang se passent à Ignace Deen, et si oui, à quel niveau se situe la responsabilité ». Evoquant ensuite, les résultats de l’enquête,  outre l’insuffisance du stock de sang et le manque d’indépendance à l’unité de transfusion sanguine, elle pointe une mesure des autorités comme pouvant donner lieu au trafic du sang. « La mesure qui consiste à envoyer deux donneurs pour obtenir une poche de sang permet certes de renouveler le stock. Mais elle ouvre aussi la voie à la corruption et au trafic de poche de sang dans le cas où le demandeur ne dispose pas de donneurs. Très souvent, vous ne connaissez pas la mesure qui est sur place pour obtenir une poche de sang, on vous oriente tout simplement vers l’unité de transfusion guinéenne. C’est en ce moment-là que l’unité vous apprend que vous devez envoyer deux donneurs. Et ne disposant pas donc des donneurs familiaux, cette mesure ouvre la voie à la surfacturation. Soit ce sont les patients qui sont vraiment peinés qui demandent s’ils peuvent acheter ou donner plus d’argent, soit ce sont les médecins qui demandent », explique-t-elle.

Sur ce dernier point, Dr. Yves Nyankoye Haba, directeur du Centre national de transfusion sanguine, se défend en expliquant que c’est le manque de volontaires qui a contraint sa direction à mettre en place cette stratégie. << Nous ne comprenons pas que nos équipes se présentent parfois dans des universités où vous avez plus de 10.000 étudiants, dans des lycées où il y a plus de 4000 élèves, et que lorsqu’on se présente pour la collecte du sang chez les volontaires, on ne puisse pas collecter 50 poches », déplore-t-il. Par ailleurs, selon lui, son service manque de ressources. « L’Etat ne couvre pas tous les besoins, la transfusion coûte très chère, ne serait-ce que les équipements »

A rappeler que pour faire don de sang, il faut remplir certaines conditions. Entre autres avoir au moins 18 ans, peser au moins 50 kilogramme et ne pas souffrir de certaines pathologies telles que les maladies cardiaques et héréditaires.

Hawa Bah

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