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GUINEE: retour sur la journée du patrimoine audiovisuel

Faisant le constat de la nécessité et du bien-fondé de la conservation des archives, l’Organisation des Nations unies pour la Science,  l’Education et la Culture (UNESCO) a déclaré en 2005, le 27 octobre, journée mondiale du patrimoine audiovisuel. Mais  en Guinée, on en est à la troisième édition après 2011 et 2017.  Encore que même hier, à la RTG Koloma qui a abrité l’événement, il a fallu s’armer de patience, pour s’assurer de la présence d’un représentant du gouvernement qui n’est pas venu. Organisée par le Centre de recherche documentaire et des archives des médias, la journée était placée sous le thème : « Un pays sans archives est une nation sans mémoire ». 

Dans son propos, Marie Marceline Bangoura, la représentante du secrétaire général du bureau de la commission guinéenne pour l’UNESCO a expliqué que les archives constituent des ressources permettant de nourrir la mémoire collective. « Le patrimoine audiovisuel qui constitue une part significative de notre patrimoine culturel (images et sons, conservés sur des films et vidéos, des enregistrements radiophoniques) redonnent vie à notre passé », rajoute-t-elle.

Pour sa part, Elhadj Ousmane Diallo, le Directeur des archives de la RTG Koloma, en a profité pour faire un bref rappel de l’évolution de l’audiovisuel en Guinée.  « La radio a évolué à l’indépendance jusqu’en 1984. Puis, à cette date, cette cellule-là est devenue service de documentation et archives relevant directement du directeur général de la RTG. En 2006 elle est devenue une division et en 2014, un centre de documentation et des archives des médias », retrace-t-il.

Parlant des archives de la RTG, il a indiqué qu’elles s’élèvent environ à 20.000 bandes. Puis, dans la foulée, il se souvient : « Quand la radio a été créée, tout le service d’archives tenait dans un carton de 25 centimètre de hauteur et de 30 centimètre de longueur, il n’y avait quelques disques et bandes magnétiques », dit-il.

En ce qui le concerne, le Directeur national des archives nationales, Seydouba Cissé a fait remarquer que la conservation des archives est une problématique mondiale, mais qui reste particulièrement prégnante dans les pays en voie de développement. Au sujet de l’importance de l’archivage, il déclare : « un bon archivage ne consiste pas seulement à conserver les archives pour l’histoire et la recherche. Les archives sont essentielles pour la bonne gouvernance, grâce à elles, les gouvernements peuvent rendre des comptes et démontrer leur capacité à promouvoir la démocratie ».

Enfin, s’appuyant sur quelques anecdotes, le directeur général de la RTG, Sekouba Savané, a fait part de son regret par rapport l’insuffisance des équipements, mais aussi  l’inaccessibilité des archives.  Ce dernier problème, à l’en croire, résulte, de l’individualisation des archives. « Nous avons connu d’éminents animateurs d’émissions dans cette maison, qui ne sont plus de ce monde, qui continuent d’être réclamés par nos auditeurs et téléspectateurs, mais nous avons toutes les peines du monde aujourd’hui pour mettre main sur les archives de ces personnes qui ont rendu un service énorme à l’humanité », avoue Sekouba Savané. Puis, au nom du ministre de l’Information et de la Communication, d’annoncer la création prochaine d’un Institut national de l’audiovisuel. « Il est même envisagé que le bâtiment en construction, dans l’enceinte même de la RTG ici, soit accéléré pour que cet immeuble-là puisse abriter justement cet institut », précise-t-il.

Hawa Bah

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