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GUINEE : le SLECG, l’autre victime

Les uns après les autres, les contrepouvoirs susceptibles de tenir tête à Alpha Condé, s’affaissent ou se discréditent. C’est ainsi qu’aux yeux de l’opinion publique, d’opposition politique, il n’y en a plus depuis que Cellou Dalein Diallo a envisagé la possibilité du partenariat avec le locataire de Sekhoutouréya. Pour le mouvement syndical, ce fut plus tôt encore. Ayant plus ou moins aidé à Amadou Diallo à remporter son bras de fer contre Elhadj Yamoussa Touré, dans la bataille pour le contrôle de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée, le pouvoir d’Alpha Condé avait comme exigé de lui en contrepartie, une certaine loyauté. Depuis, ce dernier et son entourage n’ont plus la côte auprès des ouvriers qu’ils sont censés représenter. Il restait cependant le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) comme entité plus ou moins autonome à l’intérieur de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG). Une entité avec une capacité de nuisance d’autant plus importante qu’elle fédère les enseignants. Malheureusement, elle s’achemine aussi vers son agonie, divisée qu’elle est entre ses principaux responsables. Et derrière, il y a bien sûr la main invisible du même pouvoir, usant du démon argent.

Avec le recul, on se rend compte que la dernière grève dans le secteur de l’éducation, aussi réussie qu’elle a été, n’était qu’un dernier baroud d’honneur. Portée par un seul syndicaliste, en la personne d’Aboubacar Soumah, elle fut largement suivie parce que s’appuyant sur une revendication que tout le monde a intérêt à soutenir. Mais ce fut certainement le fossé de trop dans la division entre Aboubacar Soumah et les autres. Certes, ces derniers temps, il y a eu un semblant de rapprochement. Mais celui-ci, d’une part, n’était dicté que par le rapport de force du moment. D’autre part, on s’en rend compte maintenant, les adversaires de Soumah cherchaient à l’apprivoiser, en attendant le moment de lui administrer l’estocade. Ce qui est désormais fait avec son exclusion d’hier.

Surtout, qu’il ne banalise les choses pas comme il l’a fait ce matin chez nos confrères d’Espace FM. Il n’a peut-être pas tort quand il accuse ceux qui l’ont exclu de rouler pour l’argent et d’être à la solde du pouvoir. Il y a aussi des chances que les accusations brandies contre lui soient inventées de toutes pièces. Mais le résultat final c’est qu’il est bel et bien exclu. On ne peut le nier. Or, pour lui, ce n’est que le début du commencement. Le rouleau compresseur vient à peine d’être lancé et ne s’arrêtera que quand le syndicaliste « rebelle » aura été broyé et réduit à sa plus petite expression. De sa part, ce serait naïf de ne pas voir cette réalité en face. Et de s’y préparer en conséquence.

Cependant, dans cette rivalité orchestrée à dessein, le SLECG reste la cible ultime. En conséquence, ceux qui disent le représenter, non plus, n’ont pas à jubiler. Tout d’abord, parce qu’avec sa décision d’exclusion d’Aboubacar Soumah, ils se mettent à dos la base largement acquise à la cause du syndicaliste ainsi honni. Par extension, c’est aux yeux de toute l’opinion publique qu’ils se décrédibilisent ainsi. Ensuite, le pouvoir qui donne l’impression d’être de leur côté, reste un allié très instable et qui ne vogue qu’au gré de ses intérêts. Très vite, quand la menace Soumah sera retombée et qu’il s’assurera de la déchéance du SLECG, il s’en ira sur la pointe. Convaincu qu’il sera qu’un autre empêcheur-de-tourner en rond, est ainsi écarté. Et malheureusement, le mouvement syndical (qu’il convient de distinguer des leaders manipulés d’aujourd’hui) se réveillera trop tardivement. Hélas.

Boubacar Sanso Barry

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