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GUINEE : entre vie conjugale et emploi…des héroïnes silencieuses

Elles ne sont pas les plus nombreuses. Mais en Guinée, il y a une catégorie de femmes ayant réussi à se dégoter un emploi (public ou privé). Parmi elles, beaucoup concilient les lourdes tâches du bureau et la très astreignante vie conjugale (ménage, entretien des enfants, etc.). A cette double vie, se greffant pour beaucoup d’entre d’elles, un mari grincheux parce que chômeur, la vie s’apparente à une histoire inventée, avec pour ingrédients des  disputes récurrentes, des accrochages terribles et, au pire des cas, des divorces injustifiés. C’est à peine si certaines s’en sortent au prix d’un courage caché derrière un silence empreint de foi. Et c’est de cette situation plutôt banalisée que rend compte ce reportage de notre collaborateur.

Marie Rose Péguita est comptable d’une école primaire située dans la commune de Ratoma. Elle est aussi mère de famille. Du lundi au samedi, sa vie n’est pas de tout repos. « J’ai dû m’imposer un planning infernal », confie-t-elle. Dès 5 heures du matin, raconte son époux désœuvré, elle rentre dans la cuisine. «D’abord je prépare de quoi manger pour ma famille,  je me lave, j’aide mes trois enfants à faire leurs toilettes. Une heure après, je me mets en route pour le service », explique Marie Rose.

Après une journée, le plus souvent laborieuse – elle tient le journal de caisse d’un établissement de plusieurs centaines d’élèves-  elle doit passer chercher ses gosses pour les ramener à la maison. « Il m’arrive de passer une journée entière sans manger », dit-elle. Le soir, juste après le repas, Rose aide ses enfants à traiter leurs devoirs avant de les conduire au lit. Autant que faire se peut, elle évite d’entretenir des disputes stériles avec son mari. «  C’est ça ma vie, je ne peux que faire face à mes responsabilités », dit-elle courageusement. Comme elle,  Hawa Sylla, est institutrice à l’école primaire de Sonfonia 2. Elle vit presque le même scénario.  «  Je suis une femme mariée, mais mon conjoint n’a pas de moyens », explique-t-elle. Avant d’ajouter : « si je ne prends pas les choses en main, quel sera l’avenir de nos enfants… », s’interroge Hawa Sylla.

Dans une situation plus difficile encore, se trouve une autre dame que nous avons rencontrée et qui a requis l’anonymat. Elle sert à la mairie de Matoto et fait face à des charges familiales énormes : trouver de quoi nourrir ses enfants, les habiller, payer les frais de scolarité et assurer leur encadrement à la maison. «  Mon mari m’a abandonnée pour une autre », se plaint-elle. Selon une information complémentaire recueillie auprès de ses collègues, son conjoint n’appréciait pas le fait qu’elle rentre tardivement à la maison située vers le Km 36. Heureuse, disent-elles, elle a une formation et  un petit travail qui lui permet de subvenir à peu-près à ses petits besoin et à ceux de ses enfants. Aujourd’hui, ce qui fatigue cette fonctionnaire municipale, selon elle, c’est  le fait d’aller au travail et de revenir faire le ménage. «  Je n’ai pas de quoi me permettre d’engager une domestique », déclare-t-elle. De toute façon, croyante convaincue, elle pense que ça va aller un jour.

Aujourd’hui, il est impossible de donner le nombre exact de femmes à la fois au foyer et ayant un emploi. De même qu’il est impossible d’imaginer ce qu’elles endurent en silence en conciliant ces deux statuts. Un point commun à toutes: chacune à un problème avéré ou inavoué !

Mohamed Doré

Stagiaire www.ledjely.com  

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