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GUEASSO/LOLA: deux maires pour une commune rurale

Plusieurs blessés, des bâtiments vandalisés, une soixantaine de chaises cassées…  L’installation des communaux a tourné au  drame dans la sous-préfecture de Guéasso, située à 63 km de la préfecture de  Lola, à la frontière avec la Côte d’Ivoire. Les partisans du RPG et  les militants du Bloc libéral se sont affrontés dans cette localité pour le choix du maire. Aucun ne veut se laisser faire. Mais pour l’instant, un calme tout précaire est de retour dans la localité.

Tout est parti de l’installation d’Ibrahima Diawaty Doré à la tête de la mairie locale de Guéasso. Son parti, le RPG a eu 13 conseillers sur les 23. Mais les accords signés le 8 août 2018 entre les partis politiques sous l’égide du ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation concédaient la mairie à l’opposition, et donc au BL qui avait obtenu 8  8 conseillers.

Sauf que pour les militants du RPG-arc-en-ciel, il n’est pas question de se plier aux dispositions accord dans  leur zone. « Ibrahima Diawaty Doré et les autres conseillers du RPG sont élus par la majorité. Lors de l’élection, on a eu 2815 voix et le BL a eu 1789 voix », a rappelé un responsable du parti au pouvoir. Ainsi, ajoute-t-il, Guéasso ne fait pas partie de l’accord  signé à Conakry.  « Il n’y a pas eu de plainte dans la circonscription de Guéasso. A notre fort étonnement,  le 8 août 2018, on a entendu que Guéasso est dans le contentieux, chose que nous n’allons pas accepter»,  a martelé le maire nouvellement installé.

A propos des violences, Ibrahima Diawaty Doré accuse le Bloc Libéral  d’en être à l’origine.  « Quand les 23 conseillers que nous sommes, les autorités et la délégation nationale du BL  avons pris place dans la salle de la mairie, les responsables  du parti de Faya Millimono ont plaidé  de laisser leurs militants prendre part à l’évènement. Leur doléance a été accordée. Si tôt qu’on a commencé le vote, le chef de la délégation du BL a dit que c’est l’accord qui doit être appliqué. Du coup, ils ont  boycotté  le vote. Quand on a fini  le vote,  ils ont commencé à  lancer des cailloux contre nous. Aussitôt, la jeunesse  a répliqué », a expliqué Ibrahima Diawaty Doré.

De son côté,  Yamaty Tokpa Donzo du BL  dit qu’il ne reconnait pas la légitimité du maire élu. Selon lui, ce dernier est commanditaire des troubles survenus à Guéasso. «  Il n’est pas dans la légalité et je ne peux pas travailler avec lui. Ce n’est pas lui le maire, il a volé ma victoire. Alors, jusqu’à preuve du contraire, je suis le maire. Je demande à être rétabli dans mon droit », a-t-il réclamé. Avant d’ajouter : « J’ai été violenté, ma maison  a été casée et le commanditaire c’est le maire autoproclamé,  Ibrahima Diawaty Doré. Huit de mes militants ont été blessés.  Mon jeune frère a été mis  à l’agonie. Son bras a été cassé Un autre  jeune  a eu une oreille coupé », a expliqué le candidat du BL

Pour renchérir, Oumar Sanoh, le vice-président chargé des adhésions et des implantations du BL et chef de mission du parti pour l’installation du maire de Guéasso a fustigé le comportement des autorités locales de Lola et de Guéasso. «  Dès que nous sommes rentrés à Guéasso samedi soir, on est venu au bureau du sous-préfet pour viser nos ordres de mission. On a vu une foule composée de plus de 200 jeunes qui sont venus encercler le bureau.  Du coup,  j’ai dit au sous-préfet que notre sécurité se trouve entre ses mains et je lui conséquemment demander d’appeler la police et la gendarmerie ; mais il ne l’a pas fait. C’est ainsi que les jeunes ont offensé les portes et fenêtres et  se sont mis à nous frapper. On m’a évacué au centre de santé »,  a-t-il raconté.  Selon lui, le jour du vote, il a indexé son agresseur. «  Le sous-préfet  a dit que ce n’est pas son problème, qu’il est là pour l’installation du maire et les agents de sécurité n’ont pu réagir contre les gens », a-t-il ajouté.

De même, à en croire Oumar Sanoh, le représentant du préfet aurait clairement dit qu’il ne reconnait pas  l’accord  signé entre gouvernement et l’opposition.  « C’est là où on ne s’est pas compris. On s’est retiré pour repartir à notre QG où ils sont venus nous attaquer, blesser nos militants, brûler deux maisons de notre candidat. Tout ça devant les gendarmes et les  policiers qui ont reçu l’ordre du sous-préfet de ne pas réagir »,  a-t-il précisé.

Pour le sous-préfet,  Mamadi Traoré, ce sont des textes de lois qui sont appliqués. «  Nous ne sommes pas au-dessus de la loi. On n’a pas une copie de l’accord »,  s’est-il  défendu. Selon lui, le délégué national du BL a prémédité les affrontements. «  Quand on a entamé la cérémonie Oumar Sanoh a dit ouvertement que si l’accord n’est pas respecté qu’il va créer une crise automatiquement. Après la cérémonie d’installation du maire, la sécurité et la population ont accompagné le nouveau maire chez lui. A mi-chemin,  les militants du BL ont commencé à lancer des pierres  contre eux et à mettre des barrages », a affirmé le sous-préfet.

Il faut noter qu’un dispositif sécuritaire est en place. Aujourd’hui, un calme précaire  régner  dans la cité. Alors même que le ministère de l’Administration du territoire a annoncé la suspension du processus d’installation des exécutifs communaux

Niouma Lazare Kamano correspondant régional de retour de Guéasso pour ledjely.com

Contact : 622783505 

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