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ELECTIONS EN GUINEE : c’est parti pour l’audit du fichier électoral

C’est un des points de l’accord politique du 12 octobre 2016. Et le fait que la cérémonie de lancement des travaux ait lieu juste au lendemain d’une menace de manifestation par l’opposition n’est peut-être pas fortuit. En tous les cas, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, par ailleurs, président du comité de suivi de l’accord en question, le général Bouréma Condé, a procédé ce matin au lancement de l’opération d’audit du fichier électoral. L’enjeu réside dans la transparence des futures consultations électorales dont les législatives et les présidentielles de 2020.  On notait aussi à l’occasion la présence toute naturelle du président de la CENI, Me Salifou Kébé. L’opération en tant que telle devrait durer environ un mois.  

Dans son intervention de circonstance, le général Bouréma Condé a noté le caractère majeur de la cérémonie de ce matin. En ce sens qu’il reconnait lui-même que le point relatif à l’audit du fichier électoral est un élément « clef » de l’accord du 12 octobre qui comporte, rappelle-t-il, 30 points. Conscient du retard accusé dans la mise en œuvre de cette disposition, il a essayé de trouver une justification. « J’ai toujours dit que l’on ne peut pas parler de l’audit du fichier (…) en l’absence de la CENI », déclare-t-il.

Pour faire le travail, les acteurs politiques avaient exigé que celui-ci soit confié à des compétences internationales. D’une certaine façon, cette requête a été satisfaite dans la mesure où l’UE, l’OIF et le PNUD ont copté d’éminents experts pour épauler la commission technique d’audit du comité de suivi du dialogue et la CENI. La qualité de l’expertise est d’ailleurs un motif d’assurance que le ministre de l’Administration du territoire a bien relevée. « Nous n’avons pas l’ombre d’un doute quant à l’issue certaine de ce travail. En témoigne l’engagement de la CENI. En témoignent l’engagement  des acteurs politiques mais aussi la qualité des experts que nous avons aujourd’hui avec nous sur ce dossier », se réjouit-il.

Et in fine, tout cela augure, selon lui, de la sérénité des futures consultations électorales. « Nous pensons donc que les travaux du comité de suivi sont en train de faire du bon chemin et   que le meilleur est à venir  par rapport aux échéances  électorales qui vont se jouer dans notre pays,  dans l’esprit d’apaisement, de  transparence, d’équité pour que les résultats qui vont être issus des consultations électorales soient des résultats acceptés par tous pour le bien-être de la paix dans notre pays », prédit-il.

Pour sa part, le président de la CENI a relevé, au-delà de la qualité de l’expertise mise  à contribution, la neutralité même de ceux qui sont commis à la tâche. Me Salifou Kébé a rappelé qu’à l’issue de l’audit, des recommandations devraient être faites à son institution. D’ores et déjà, il rassure : « Ces recommandations-là, la CENI va les prendre à bras le corps lors de la révision des listes pour corriger cette situation. Nous nous donnerons tous les moyens pour pouvoir exécuter l’ensemble des recommandations qui seront issues du rapport de l’audit »

Au sujet même du délai d’exécution des travaux, le président de la CENI pense qu’il ne faut pas en être l’esclave. Certes, admet-il, « dans notre programmation, nous avons prévu 25 jours. Mais c’est aux experts de déterminer s’ils peuvent le faire en une semaine, en deux semaines  ou s’il faut aller au-delà de 25 jours pour le faire en un ou deux mois ». Vu le caractère nodal du fichier électoral pour un scrutin, il préconise qu’on mette l’accent sur la qualité du travail qui sera fait et non sur le délai en tant que tel.   « Le fichier à l’apanage de diriger les élections. On n’a pas deux fichiers, on n’a qu’un seul  fichier biométrique national. C’est ce fichier qui va faire toutes les élections », rappelle-t-il en effet.

Une flexibilité que recommande également Mamady 3 Kaba, juriste, représentant de la Société civile et président du comité technique d’audit. « C’est un délai qui est flexible. Le délai prévisionnel est de 25 jours. Mais il faut ajouter que si le travail venait à se réaliser avant ces 25 jours, c’est la chose la plus souhaitable. Mais au cas où le travail révèle quelques difficultés, au point qu’il faut aller au-delà de 25 jours, eh bien, là aussi ce sera possible » Toutefois, conclut-il : « Nous sommes convaincus que le délai qui est imparti pourra permettre de réaliser ce travail ».

Balla Yombouno

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