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CULTURE : Zizi Maria « vient faire mal »

Footballeur de renom à son jeune âge, joueur attitré de dam, enseignant confirmé, compositeur et chanteur… le parcours de Zizi Maria, Abdourahmane Soumah de son nom propre, est particulier. A l’occasion de la sortie de son nouveau single intitulé ‘’A singan’’, il a accordé une interview à notre rédaction.  Lisez !

Comment t’es-tu retrouvé dans la musique?

J’ai commencé la musique dans les années 2000, à l’époque j’étais étudiant. Au départ, mes parents étaient hostiles à cette idée, craignant que la musique affecte mes études. Mais contre vents et marées,  je n’ai pas baissé les bras. Au finish, ma maman m’a dit de faire la musique sans me livrer à des vices comme l’alcool, la drogue, etc. Elle m’a aussi défendu contre les dreadlocks.

Donc tu étais versé dans le reggae ?

Oui ! D’ailleurs mon premier album était composé de reggae. Je l’ai fait vers la fin du régime Conté, mais l’album a été saboté par les autorités en raison des attaques et dénonciations que comportaient mes morceaux. Les 10 titres parlaient exclusivement de la dictature du régime, des détournements de deniers publics, de la dilapidation de notre économie,  bref la mauvaise gouvernance. Quand la sortie de l’œuvre sur le marché du disque a été empêchée, je me suis retourné dans le ghetto pour ressortir avec un autre type de musique : la mamaya. J’ai été approché par des sages qui estiment que ma voix peut percer dans la mamaya. Ils m’ont conseillé de ne pas trop attaqué le régime à mon début  pour ne pas être piétiner à nouveau. Mais, je ne peux m’empêcher de dénoncer.

Aujourd’hui, j’ai fini mon single de trois titres. Le premier parle des efforts consentis par le PDG du groupe Guicopres, Kerfala Camara (KPC), pour son combat au profit du développement de la Guinée. Le deuxième invite à la paix dans le pays. Dans le dernier, je rends hommage ma défunte mère. Je me prépare pour la sortie de ce single qui a pour ‘’A singan’’

‘’A singan’’ est un mot soussou…

Effectivement ! ‘’A singan’’ veut dire : suspend ou suspend-le ! Au fait, je dénonce là-dedans l’impunité, le comportement de certains citoyens qui pensent que la grève est synonyme de destruction, etc. Je me suis aussi adressé aux gouvernants et aux opposants, en leur disant de  mettre un peu d’eau dans leur vin, afin qu’on puisse bâtir ensemble notre pays qui est le dénominateur commun.

T’es musicien et enseignant à la fois. Comment fais-tu pour jumeler les deux activités?

Je suis responsable d’une école privée de la place. Quand je quitte l’école à 16h, je rentre pour manger, ensuite je me rends au studio. Pendant les jours non ouvrables, je me mets à fond dans la répétition.

Quel est ton rapport avec les autres artistes?

J’ai de bons rapports avec les autres artistes. Je rencontre beaucoup d’entre eux au studio, notamment Ibro Diabaté. J’assiste à des dédicaces quand je suis invité.

Quel est ton regard sur la musique guinéenne?

La situation actuelle est lamentable. Contrairement aux temps antérieurs, l’Etat n’assiste plus les artistes même en cas de maladie. C’est pourquoi moi j’ai décidé de ne pas me focaliser seulement sur la musique. Les autorités en place ont abandonné la culture depuis le décès de Sekou Touré.

Du côté des artistes aussi, il faut reconnaitre que beaucoup n’aiment pas travailler. Ils préfèrent faire du plagiat au lieu de créer. Ils aiment la facilité.

Propos recueillis par Hawa Bah

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