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CRASH D’ADDIS ABEBA: des soupçons sur Boeing

Tristesse et désolation, ce sont là les sentiments qui dominant encore aussi bien à Addis Abeba qu’à Naïrobi. Au-delà, c’est toute la communauté internationale qui est en moi après le crash aérien enregistré dans la matinée d’hier dans la capitale éthiopienne. En effet, les 157 occupants de l’appareil de la compagnie Ethiopian Airlines qui ont péri dans l’accident faisaient un total de 35 nationalités. A cela s’ajoute que parmi les victimes, quelques-unes étaient du système des Nations unies. Beaucoup se rendaient notamment au sommet du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) qui débute ce lundi dans la capitale kényane. Outre la douleur liée à la perte des êtres chers, les familles éprouvent également une certaine incompréhension. Car aucune cause ne se détache pour rendre compte du crash tragique. Cependant, certains observateurs pointent un doigt sur le constructeur américain de l’appareil impliqué dans l’accident. Ce à quoi d’autres rétorquent qu’il faut rester prudent, vu que l’enquête n’en est qu’à ses débuts.

Selon certaines informations, appareil a pris feu avant de toucher le sol de Bishoftu, à une soixantaine de kilométrés d’Addis-Abeba .Sous l’effet du choc, il s’est littéralement désintégré, les débris se dispersant à des mètres à la ronde. Quant aux victimes, il faudra des jours voire des semaines avant l’identification de certaines d’entre elles.

Au sujet des causes, il faut dire que les soupçons qui commencent à s’orienter vers le constructeur américain ont émergé à la suite d’une série d’éliminations d’un ensemble d’hypothèses. D’abord, la compagnie éthiopienne, fondée en 1946 passe pour une des plus fiables du continent africain. Ce qui est d’une certaine façon corroborée par le fait que le Boeing 737 qui s’est crashé avait fait l’objet d’une révision le 4 février dernier. A priori, l’accident ne peut donc résulter de la légèreté ou de la négligence de la compagnie. Quant au pilote, on dit de lui qu’avec 8000 heures de vol, il était plutôt expérimenté. D’ailleurs, six minutes après le décollage, il avait, évoquant des “difficultés”, demandé à rebrousser chemin en vue d’un atterrissage d’urgence. Hélas, il n’aura pas réussi. Par ailleurs, il semble que le temps était beau.

Aucune faille n’apparaissant, ni du côté de la compagnie, ni de celui du chauffeur ou du temps qu’il faisait, c’est donc vers le constructeur que l’on se tourne. Or à ce niveau, l’on apprend que l’avion est d’acquisition récente. Ses premiers vols auraient commencé en octobre dernier. Et il convient d’admettre que c’est plutôt troublant qu’un appareil si neuf puisse se retrouver au cœur d’un accident aussi mystérieux. Mais il y a un second élément qui conforte les soupçons sur l’avionneur américain. Il s’agit d’un accident quasi-similaire enregistré en octobre dernier en Indonésie et impliquant là aussi un Boeing 737 MAX. Là aussi, l’appareil s’était abîmé en mer quelques minutes après le décollage. Et comme dans le cas d’hier, le pilote s’était plaint des mêmes “difficultés”. Sauf que dans ce premier cas, une des boites noires repêchées avait révélé un problème “d’indicateur de vitesse”. Le même problème serait-il à la base du drame d’Addis-Abeba, les experts suggèrent la prudence, en attendant l’aboutissement de l’enquête qui devrait prendre en compte toutes les hypothèses.

Boubacar Sanso BARRY

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