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CONAKRY : l’inclusion des personnes handicapées au cœur d’un atelier sous-régional

A la suite de la célébration, le 3 décembre, de la journée internationale des personnes handicapées, la Guinée abrite depuis ce 11 octobre un atelier sous le thème : « soutenir l’inclusion des personnes handicapées à travers l’architecture de l’Union africaine du handicap ». Rendue possible grâce à un partenariat entre la GIZ, l’Union africaine, les autorités sénégalaises et la République de Guinée, la rencontre de trois jours se donne pour vocation, par le biais de l’architecture notamment juridique de l’Union africaine sur le handicap, d’explorer les mécanismes d’inclusion des personnes handicapées en Guinée. Ainsi, prennent part à l’atelier, les membres des organisations des personnes handicapées, mais aussi des cadres de départements ministériels et de structures dont les prérogatives et les missions ont trait à l’inclusion sociale.

« Un adage nous enseigne que l’ignorance et l’ennemie de la volonté. Mon département est animé du désir ardent d’assurer la promotion des personnes handicapées. Mais qu’importe ce souhait, si les acteurs qui en ont la charge ne disposent pas d’outils et de compétences pour ce faire ? », c’est ainsi que la ministre de l’Action sociale, de la Promotion féminine et de l’Enfance, a décliné l’importance et la pertinence de la tenue de l’atelier, au cours de la cérémonie d’ouverture qu’elle a présidée. Mme Diaby Mariama Sylla qui en profité pour souligner la dynamique positive dans laquelle se trouve désormais engagée la question ayant trait à la problématique de la promotion des personnes handicapées en Guinée. « Cette rencontre, à défaut d’être une première, a le mérite de se tenir dans un contexte des plus favorables. Par bonheur, nos travaux ont l’avantage de se tenir dans la semaine de la célébration de la Déclaration universelle des droits de l’homme, quand on sait que le handicap est avant tout une question de droits de l’homme. Il y a donc lieu de se réjouir de cette coïncidence. En outre, la République de Guinée est certes consciente des inégalités sociales, mais veille à assurer fermement l’équité entre les différentes composantes de la Nation. En effet, aussitôt élu pour son second mandat, a doté son pays, d’un Plan national de développement économique et social (PNDES), un document cadre (qui) est le référentiel de toutes les interventions de l’Etat pour la période de 2016-2020. Ce PNDES consacre en son troisième pilier, à savoir le développement inclusif du capital humain, l’autonomisation des personnes handicapées au travers des mécanismes d’emploi et l’entrepreneuriat.   Evidemment, le vent du renouveau né du PNDES a exercé un attrait irrésistible sur mon département. En effet, dans la foulée, soucieuse d’assurer les bases juridiques en la matière, en collaboration soutenue avec les organisations faitières guinéennes du handicap, nous avons proposé la mouture du projet de loi portant protection et promotion des droits des personnes handicapées en République de Guinée, promulguée en juillet 2018 », note-t-elle en effet.

Cette dynamique empreinte d’espoir, François Dopavogui, le président de la Fédération guinéenne des associations des et pour personnes handicapées (FEGUIPAH) l’a également relevée au travers, dit-il, la mise en place par le gouvernement guinéen d’un programme d’inclusion touchant tous les secteurs socioéconomiques de la vie de la nation guinéenne, en vue de l’amélioration des conditions de vie des personnes handicapées, ceci à travers la mise en place d’un fonds sur l’initiative du premier ministre. De même, selon lui, l’adoption et la promulgation de la loi portant protection et promotion des droits des personnes handicapées sont également un acquis. Toutefois, en porte-parole des personnes handicapées, il pense que « la promotion d’un développement inclusif doit nécessairement passer par le respect des textes de loi, ratifiés, signés et élaborés par la Guinée et se traduire par la mise en place d’une direction nationale en charge des personnes handicapées et la nomination à des postes de responsabilité et de décision des personnes handicapées ».

De son côté, Moussa Traoré, le directeur nationale de l’Action sociale, a essentiellement mis en évidence le fait que la réalisation de l’atelier est la matérialisation de la coopération sud-sud. Coopération que l’Union africaine traduit en acte, grâce à l’appui technique et financier de la GIZ, en mettant en place « la plateforme commune de collaboration dont les premiers résultats positifs ont commencé à voir le jour », précise-t-il.

Enfin, Aïssatou Cissé, la conseillère spéciale du président sénégalais en charge de la protection et de la promotion des droits des groupes vulnérables et des personnes handicapées, elle-même handicapée, rappelle : « Nous sommes des citoyens africains à part entière. Comme le dit le président Macky Sall, il n’y a pas un citoyen au-dessus de l’autre. Et nous voudrons que le continent africain puisse épouser cette idée et la mettre en pratique ». Poursuivant, elle se penche plus particulièrement sur la notion de l’inclusion : « Ce qui nous réunit aujourd’hui, par la volonté du gouvernement guinéen, de faire que les personnes handicapées en Guinée, puissent se sentir des citoyens à part entière. Des mécanismes sont mis en place et des outils sont élaborés par experts guinéens et ceux venus d’ailleurs. Notre rôle aujourd’hui est de faciliter cette approche pour que le handicap ne soit plus handicapant, en tenant compte de l’accessibilité pour penser à l’éducation inclusive à celle spéciale, parce qu’il faut reconnaître que nous avons des personnes qui ont des handicaps lourds que nous devons mettre dans des écoles spécialisées. Nous devons tout mettre en œuvre dans nos gouvernements respectifs pour que ces personnes puissent bénéficier d’une éducation de qualité. Les infrastructures doivent répondre aux normes. Ici, à l’hôtel, j’en ai parlé, parce que ce n’est pas concevable qu’un endroit qui accueille toutes les personnes puisse avoir des accès limités pour certaines personnes. C’est inconcevable, c’est de l’exclusion ».

Boubacar Sanso BARRY

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