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Conakry abrite un atelier régional sur les langues africaines

L’atelier sur le projet d’élaboration de l’atlas linguistique pour la région de la CEDEAO et la République islamique de Mauritanie a débuté ce lundi 15 avril 2019 à Conakry. Organisée par l’Académie africaine des langues (ACALAN), la rencontre de trois jours est sortie de l’objectif de la mise en place d’une commission technique pour l’élaboration de l’atlas linguistique de la CEDEAO, à partir notamment de  la mise à jour de toutes les données existantes sur les atlas linguistiques des Etats de la région. Dans la foulée, devrait être mis sur pied un groupe de travail pour les plaidoiries et les lobbyings dans les Etats membres. Des démographes et cartographes venant des pays concernés et des représentants d’institutions partenaires prennent part à la rencontre.

A l’ouverture, Thierno Sadou Bah, représentant du ministère de la Culture, des Sports et du Patrimoine historique a souligné que,  d’une manière générale, la situation linguistique africaine est caractérisée par la cohabitation des langues nationales avec les langues importées ou héritées de la colonisation. Il note néanmoins une évolution qui voit, selon lui, les  Etats africains accorder une attention particulière à la promotion des langues nationales en vue de la sauvegarde de l’identité culturelle et de la participation constante des citoyens à la construction de leurs nations respectives. « Cependant le manque de connaissance précise sur le nombre de langues africaines et les variations dialectales en Afrique ont entravé le développement et l’utilisation des langues africaines », précise-t-il.

Le peu de connaissance que les Africains ont de leurs langues nationales, Thierno  Sadou l’illustre par le fait que selon lui, les enquêtes qui attribuent environ 2000 langues à l’Afrique ne sont pas exhaustives. D’autant qu’elles ne tiennent pas compte de la pluri-dénomination de certaines langues et de leurs dialectes. « Ce projet (de l’Atlas des langues africaines, ndlr) vise  à former une nouvelle génération de linguistes qui peuvent entreprendre des recherches  pour répondre aux besoins locaux, nationaux et régionaux. En outre, le projet favorisera une initiative de recherche dirigée par les Africains et qui soutient l’Union africaine et l’agenda des gouvernements nationaux pour l’amélioration de la qualité de l’éducation en Afrique », explique-t-il.

Pour Pr. Aliou Keita, coordinateur régional dudit projet, les gains escomptés sont d’autant plus importants que la valorisation de la culture africaine passe par l’enseignement des élèves d’abord dans leurs langues maternelles et ensuite dans celles étrangères. Et l’enseignement bilingue, lui-même, n’est pas sans avantages. « Dans le système classique, le cycle primaire dure 6 ans, alors que dans les écoles bilingues, ça dure 5 ans,  soit une économie d’une année. Ceci  est vraiment important puisque l’enfant acquiert nettement mieux à partir de sa langue que dans le système classique », souligne-t-il.

Enfin, Dr. Lang Fafa Dampha, secrétaire exécutif de l’ACALAN a noté tous les efforts jusqu’ici consentis depuis l’ouverture de l’atlas linguistique pour la région de la CEDEAO et de l’Afrique australe en octobre 2017. Il a particulièrement mentionné tous les ateliers organisés depuis pour faire aboutir le projet. «  Au cours des travaux, n’hésitez donc pas à faire des propositions que vous jugerez intéressantes et nécessaires pour la consolidation des acquis, car la promotion et la valorisation des langues africaines afin qu’elles soient utilisées dans tous les domaines de notre société constituent la mission essentielle de l’ACALAN », a-t-il suggéré.

A noter que L’ACALAN est une institution de l’Union africaine qui existe depuis l’an 2000.

Hawa Bah

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