ledjely.com

COLLECTE DES DONNEES SCOLAIRES: une révolution de taille

Les données statistiques scolaires fiables et en temps réel sont nécessaires à la définition et au suivi efficace des stratégies et politiques de développement du système éducatif. C’est dans ce cadre qu’un projet de collecte des données scolaires via les tablettes numériques a été mis en œuvre par le Bureau de Stratégie et de Développement (BSD) du Ministère de l’Enseignement pré universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A).

Le 22 septembre 2017, l’heure était au bilan pour les autorités en charge de l’éducation, entourées qu’elles étaient des représentants des délégations scolaires de l’enseignement élémentaire (DSEE), des bureaux de stratégie d’autres départements ministériels tels que le ministère de la Santé et celui des Télécommunications, des cadres du département et des partenaires.

L’introduction d’outils modernes de collecte et d’analyse statistique s’inscrit dans le cadre de la lettre de politique éducative du Ministère, qui a retenu entre autres priorités l’intégration des technologies de l’information et de la communication dans la gestion du système éducatif.

Le Représentant de l’UNICEF, le ministre de Ministère de l’Enseignement pré universitaire et de l’Alphabétisation, le directeur du Bureau de Stratégie et la responsable Education de l’UNICEF — © UNICEF/K. Diallo

La phase pilote du projet de collecte a été appuyée par l’UNICEF, qui a permis d’acquérir 60 tablettes numériques munies de chargeurs solaires. Les opérations ont porté sur 51 DSEE pilotes à Coyah, Dubréka, Ratoma, Matoto et Kaloum, dont le recensement a permis de recueillir des informations sur diverses variables des établissements scolaires : écoles, élèves, enseignants, manuels, salles de classe.

Pour le ministre de l’Enseignement pré universitaire et de l’Alphabétisation, Ibrahima Kalil Konaté, « le projet de collecte numérique dont nous partageons aujourd’hui les résultats de la phase pilote ouvre des perspectives nouvelles pour notre système de gestion. Il permet de constituer une base de données devant alimenter les politiques éducatives, favoriser l’évaluation et les prises de décisions. »

Parmi les avantages de la collecte numérique figure le temps de collecte et de remontée des informations du terrain, comme l’explique le Directeur national du Bureau de Stratégie et de Développement, Souleymane Camara : « La collecte traditionnelle est longue. Avec les opérations sur fiches, il faut trois à six mois pour remonter et saisir les données, ce qui fait que l’administration pilote le système sur la base d’informations anciennes. Avec les tablettes, nous pouvons avoir des données complètes sur telle ou telle localité en une heure de temps. En l’espace d’un mois, nous avons pu finaliser les opérations au niveau de toutes les délégations scolaires pilotes. »

Ce système innovant permet aussi de renforcer les capacités des agents préfectoraux et communaux dans l’utilisation effective des technologies mobiles, d’améliorer le système d’information géographique à travers une localisation précise des établissements scolaires grâce aux GPS incorporés dans les tablettes. Et enfin, de procéder à des publications régulières des données pour utilisation par les décideurs, les institutions internationales et nationales.

Une école primaire à Télémélé. © UNICEF/J. Morel

Le Représentant de l’UNICEF, Marc Rubin, s’est réjoui des résultats de cette phase préliminaire. « Nous sommes heureux de constater que l’expérimentation a donné des résultats positifs. Pour s’assurer d’une éducation performante, il est nécessaire de disposer d’outils adaptés et efficients. L’utilisation des tablettes a montré qu’il faut trois fois moins de temps pour collecter des données qui sont deux fois plus fiables, en temps réel. »

L’introduction des tablettes numériques est une étape fondamentale qui ouvre de vastes perspectives au secteur éducatif.

L’intégration progressive d’autres applications sur les tablettes pourra servir à la formation à distance des cadres des structures déconcentrés, des directeurs d’école et des enseignants. Ils pourront avoir accès à des modules de formation en ligne, à l’organisation de réunions ou des journées d’actions pédagogiques virtuelles, à la transmission d’informations en temps réel concernant l’absentéisme d’enseignants, des notes d’évaluation ou d’examens.

Le Directeur du BSD. © UNICEF/K. Diallo

Le Représentant de l’UNICEF a par ailleurs mis l’accent sur la sécurisation des tablettes et des chargeurs solaires, « qui doivent faire l’objet d’une gestion rigoureuse et d’une maintenance régulière pour être réutilisables d’une année sur l’autre », afin de garantir la pérennisation du projet. Les prochaines étapes conduiront à la mise à l’échelle de la collecte scolaire numérique sur tout le territoire et sur les différents niveaux d’enseignements (préscolaire, primaire, secondaire, NAFA[1]) et à l’élaboration de la Politique nationale des technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement. Elles bénéficieront de l’appui technique de l’UNICEF et de l’accompagnement de l’Agence Française de Développement, qui s’est engagée à prendre en charge les étapes devant mener à la généralisation de la collecte.

Les technologies modernes d’information peuvent contribuer à offrir à chaque enfant un accès universel et équitable à l’éducation. Elles ouvrent la voie pour fournir une éducation de qualité et un développement professionnel pour les enseignants, tout en améliorant les systèmes de gouvernance et d’administration du secteur éducatif.

Kadijah Diallo, UNICEF Guinée

[1] Les centres NAFA sont les « écoles de la 2nde chance », qui offrent aux 10–14 ans l’apprentissage d’un métier en plus d’un curriculum de primaire accéléré.

 

Facebook Comments
Print Friendly, PDF & Email

sanso@ledjely.com, admin@ledjely.com
Tel : 628 10 87 62

Laisser un commentaire