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CAN 2019 : la CAF dans de sales draps ?

Ahmad Ahmad et Constant Omari, respectivement président et vice-président de la Confédération africaine de football (CAF) pourraient-ils être amenés à payer cher leur attitude empreinte tout à la fois de désinvolture et d’arrogance ? C’est peut-être trop tôt pour en venir à une telle conclusion. Par contre, ils ont certainement désormais plus de difficultés à trouver le prochain pays organisateur de la CAN 2019 qu’ils le pensaient il y a encore quelques jours. Et leur manque de tact n’y est sans doute pas pour rien.  

Il faut le dire tout net. Ce n’est pas tant le retrait de la CAN 2019 au Cameroun qui a du mal à passer. Il est de même moins question de toutes les réformes dont la nouvelle direction de la CAF se dit porteuse. Non. Ce dont il est surtout question, c’est la manière. Le patron malgache de l’instance panafricaine du football, comme porté par un certain complexe, nourrit l’ambition d’effacer toutes traces de ses prédécesseurs. Il semble mu par une irrésistible envie, non pas de corriger, mais de nier tout ce qui a existé. D’où une approche cassante et dénuée de toute concertation. Il y va selon sa seule volonté et tout naturellement heurte quelques susceptibilités.

Et visiblement, à ce rythme, cette méthode est partie pour le desservir. Du moins, il commence à récolter quelques désavantages. Ainsi, avant le retrait de la CAN 2019 au Cameroun, il était quasi-certain que le Maroc se plierait en quatre pour accueillir cette dernière au pied levé. Mais c’était sans compter certaines considérations géopolitiques. On imagine en effet que la Côte d’Ivoire qui n’a pas apprécié l’idée qu’on lui retire l’édition 2021 et la Guinée, à l’égard de laquelle Constant Omari et Ahmad Ahmad ont été plutôt discourtois, ont exercé les pressions nécessaires pour contraindre le Maroc à ne pas servir de plan B à la CAF. Pour Alassane Ouattara et Alpha Condé, les choses étaient d’autant plus faciles que le royaume chérifien est candidat à l’intégration à la CEDEAO. Bref, pour n’y avoir pas mis les formes requises, la CAF risque bien de se retrouver dans une situation délicate, dans l’éventualité où elle ne trouve pas à qui confier l’organisation de la CAN prochaine.

Or, justement, il n’est pas aisé de trouver un pays du continent qui soit capable d’accueillir la compétition, qu’on a subitement et là aussi sans concertation, fait passer à 24 pays. Outre le Maroc, l’Afrique du sud était l’une des options. Sauf que là aussi, en raison du délai imparti qui ne permet pas de consulter le parlement, la solution ne pouvait pas prospérer. Par ailleurs, le Congo-Brazzaville dont Constant Omari avait dit qu’il est candidat, a démenti. Il semble que des pays du Conseil des associations de football d’Afrique de l’Est et Centrale (CECAFA) envisageraient, dans la suite logique du soutien qu’ils avaient apporté à Ahmad Ahmad lors du congrès électif, de venir au secours du Malgache. Mais même cette perspective, si elle venait à se concrétiser, ne resterait pas sans conséquences. Car elle renforcerait le fossé entre les différents blocs sous-régionaux du continent. Bref, la CAF n’est pas au bout de sa peine…

Boubacar Sanso BARRY

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