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BOUBACAR 1er DIALLO : « Il n’y a rien de sorcier, tout s’explique »

Boubacar 1er Diallo, professeur dans les écoles normales d’instituteurs (ENI) n’est pas de ceux qui croient à l’irrationnel. Quand bien même, à certains phénomènes, les explications scientifiques ne sont pas toujours évidentes. Et c’est un peu ce qui transparaît du dernier livre de la douzaine d’ouvrages dont cet écrivain spécialiste de la littérature pour jeunesse est l’auteur. Justement, à propos de la littérature pour jeunesse en Guinée, il reste optimiste grâce, dit-il, aux efforts des éditions Ganndal. Pour autant, au sujet du Salon international du livre de jeunesse de Conakry, il formule, via cet entretien exclusif qu’il a accordé à notre reporter, des recommandations en vue de drainer davantage le public vers l’événement.   

A votre avis, comment se porte la littérature de jeunesse en Guinée ?

Depuis un certain temps, on peut dire que la littérature de jeunesse se porte bien avec les éditions Ganndal qui sont spécialisées dans ce domaine-là. Au départ, il n’y en avait pas. C’est Ganndal qui a essayé de faire la promotion de la littérature de jeunesse en Guinée, et ils ont bien réussi dans ce domaine, parce qu’ils sont reconnus sur le plan mondial.

Quels sont les défis auxquels le livre de jeunesse fait face en Guinée ?

Il y a assez de défis parce que la littérature de jeunesse que nous nous publions ici concerne surtout les adolescents, alors qu’il y a des livres de jeunesse qui peuvent être destinés aux enfants de la maternelle. Cela est dû au fait qu’il est plus facile d’écrire pour les adultes, les jeunes, que d’écrire pour les tout-petits.

Qu’est-ce qui vous a amené vers la littérature de jeunesse ?

Bon, c’est ma profession ! J’enseigne dans les écoles normales d’instituteurs (ENI). A l’ENI, on forme les éducateurs du préscolaire. Donc, je m’intéresse particulièrement à l’enfance et à la petite enfance. En écrivant, je m’inspire de nos valeurs, parce que pour moi la Guinée est un scandale culturel, c’est le résumé de toutes les cultures de l’Afrique de l’Ouest.

Vous êtes notamment auteur du livre intitule « Grand Sanga, maître féticheur, preneur de sorciers ». De quoi il parle ?

C’est un livre qui parle d’un sorcier dénommé « Grand Sanga » qui a existé dans les siècles passés dans la sous-préfecture de Bodjè à Dalaba. Ce n’était pas un sorcier en réalité, c’était un féticheur spécialisé dans la détection des sorciers et la délivrance des possédés. Donc il y a une partie qui est consacrée à ce personnage qui est très célèbre au Fouta.

Ensuite, je suis partie d’un fait divers qui s’était produit à Labé sur une femme qui souffrait de maux de ventre. Une fois à l’hôpital, on a dit qu’elle a de l’appendicite. Mais, lors de l’opération les médecins ont constaté qu’elle n’a pas d’intestins.

Pour la croyance populaire, ce sont les sorciers qui ont « mangé » ses triples, mais peut-être qu’il y a une explication scientifique, parce que derrière tous ces phénomènes de sorcellerie là, si vous prêtez attention, vous trouverez une explication rationnelle, car il n’y a rien de sorcier, tout s’explique.

Que diriez-vous de l’initiative des Editions Ganndal à travers ce Salon international de Conakry qu’elles ont institué ?

Je pense que c’est une bonne initiative. Mais j’avoue qu’ils doivent encore beaucoup se battre. Parce que lors du dernier salon, les stands étaient vides. Les bouquins étaient exposés dans les stands et les vendeurs également là. Mais il n’y avait pas d’affluence. C’est à se demander si, à cette allure, s’ils pourront organiser ce salon chaque année, parce que le principal objectif c’est de pouvoir vendre les livres.

Je conseille aux éditions Ganndal d’examiner toutes les pistes pour mobiliser le public : passer dans les écoles pour sensibiliser les élèves et même passer par les responsables d’établissement. Ils doivent aussi casser les prix ou faire des remises. En plus, ils doivent délocaliser le lieu vu les difficultés d’accès au centre-ville pour le public qui quitte la banlieue, ou multiplier les stands vers la banlieue.

Toutefois, je félicite Ganndal qui est presque la seule maison d’édition qui verse régulièrement les droits d’auteurs à la fin de l’année, et les auteurs doivent aussi les aider dans la vente des ouvrages.

Hawa Bah

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