ledjely.com

AFRIQUE DU SUD : Zuma de nouveau sur la sellette

Sa manie à triompher des nombreuses situations difficiles auxquelles il a été confronté depuis qu’il est au pouvoir lui a valu les surnoms de président à « neuf vies » ou d’insubmersible. Et de cette résistance à toute épreuve, Jacob Zuma en aura certainement besoin cette fois encore. Devenu un boulet aux pieds de son parti parce qu’incarnant le visage d’une corruption dont la nouvelle équipe dirigeante du Congrès national africain (ANC) fait son cheval de bataille, son départ est désormais perçu comme une preuve de changement. Une preuve dont le parti a besoin pour espérer reconquérir le cœur de ses fans et ainsi éviter une débâcle électorale lors des échéances stratégiques de 2019. L’opposition qui n’en attendait pas mieux rit sous cape. Sauf que Jacob Zuma ne semble pas prêt à céder.   

Le rendez-vous crucial est pour mercredi, veille du discours à la nation du président de la République. Ce jour-là, les 80 cadres du parti fondé par Nelson Mandela se réunissent pour décider du maintien ou non du président Jacob Zuma à la tête du pays. Parce qu’on en est à ça. Certes, ce n’est pas encore la fin du deuxième mandat du président, mais il est devenu un fardeau dont il faut se débarrasser. Mêlé à plusieurs scandales, il passe pour le symbole de la corruption et d’une forme de perversion de la pratique politique. Aussi, au sein de l’ANC, en particulier depuis l’arrivée à la tête du parti de l’actuel vice-président, Cyril Ramaphosa, on est arrivé à une conclusion : le départ anticipé de Zuma est le sacrifice à consentir pour remettre le parti sur les rails. C’est le premier acte qui devrait rassurer de la capacité de nouvel exécutif du parti à incarner l’alternative qu’il prétend être.

Malheureusement, comme à son habitude, Jacob Zuma ne facilite pas les choses. Chez lui, ce n’est pas qu’un entêtement guidé uniquement par le désir de s’accrocher au pouvoir et à ses privilèges. De fait, il a une conception singulière du pouvoir qui mêle arrogance et fierté. De son point de vue, le chef a des pouvoirs étendus dont il peut disposer à sa guise. C’est ce qui l’incline à n’écouter personne et à n’accorder qu’un intérêt marginal aux institutions sud-africaines qui ont vocation à lui tracer les limites à ne pas franchir. Et c’est ce qui aujourd’hui encore l’incite à ne pas céder à l’appel à la démission que lui lance son propre camp. Bien entendu, pour faire valoir ce point de vue singulier, il a toujours pu s’appuyer sur des partisans fidèles qu’il couvre de ses largesses. Des partisans dont l’appui lui sera indispensable ce mercredi, à l’occasion de cette rencontre des plus décisives.

Boubacar Sanso Barry

Facebook Comments
Print Friendly, PDF & Email
sanso@ledjely.com, admin@ledjely.com Tel : 628 10 87 62

Laisser un commentaire