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AFRIQUE DU SUD : un nouveau rendez-vous…Zuma

On ne sait comment. Mais alors qu’on le croyait fini, le président Jacob Zuma vient de passer une nouvelle semaine à la tête de l’Afrique du sud. De fait, le rendez-vous crucial des cadres du Comité national exécutif de l’ANC de mercredi dernier n’a finalement pas eu lieu. Mais Cyril Ramaphosa ne désarme pas pour autant. Il a conscience que son avenir politique se joue en grande partie dans les laborieuses négociations qu’il mène actuellement avec celui qu’il pourrait vraisemblablement succéder. Ainsi, à la faveur du centenaire de la naissance de Nelson Mandela, célébré hier, il a de nouveau abordé la question de la transition. Faisant valoir un certain optimisme, il a assuré que les choses pourraient aboutir très bientôt. Et à propos, l’exécutif du Congrès national africain se réunit de nouveau ce lundi. Sauf que cette rencontre ne présage encore rien. D’autant que Ramaphosa, dans sa sortie d’hier, a redit son ferme volonté de sévir contre les corrompus. Ce qui n’est pas pour rassurer l’actuel président.

L’unité de l’ANC…

Tout le monde le reconnait. La position actuelle de Cyril Ramaphosa est loin d’être confortable. Il est vrai qu’il brule d’impatience d’éjecter Jacob Zuma de son fauteuil présidentiel. Sur un plan strictement politique, l’éviction de ce dernier serait une embuche de moins sur la voie qui devrait le mener au sommet de la nation arc-en-ciel. Mais il y a beaucoup d’impondérables dont il lui faut tenir compte. En premier lieu, il lui faut faire partir Zuma tout en gardant l’unité du parti. C’est l’autre condition nécessaire à son accession au trône. Or, cela suppose qu’il cède à certains des caprices de celui-ci et qu’il le caresse même dans le sens du poil. Parce qu’autrement, les partisans du chef de l’Etat pourraient lui faire des misères, s’ils perçoivent de sa part une quelque envie d’humilier leur mentor. Et on imagine que c’est cette nécessaire prudence qui fait durer les négociations. Il veut que les choses se fassent avec le moins de casse possible.

Traquer les corrompus

Malheureusement pour lui, dans cette affaire, Cyril Ramaphosa n’a pas à satisfaire que les exigences des pro-Zuma. Il lui faut aussi tenir compte des attentes du monde des affaires, aussi bien en Afrique du sud qu’en dehors du pays. Un second camp dont les volontés sont cependant en contradiction avec celles du cercle restreint du président actuel. En effet, du côté des investisseurs, Jacob Zuma est l’incarnation même de la corruption et la prévarication de la chose publique. Aussi, pour eux, le départ anticipé du président serait le gage d’un nouveau départ, d’un changement de cap. Un premier signal qui devrait être suivi par celui, autrement plus concret, de la poursuite judiciaire du président et de ses éventuels complices. Et c’est surtout à ce niveau que ça coince. Dans la mesure où c’est une demande d’une frange importante du parti, le départ de Jacob Zuma est à la limite acceptable pour les siens. D’autant que son mandat prend fin dans moins de deux ans. Mais l’éventualité d’ennuis judiciaires qui le priveraient d’une retraite dorée, c’est inacceptable.

Attention à l’imprudence

Et on peut dire que Cyril Ramaphosa ne se facilite point la tâche en réitérant hier qu’il sévirait contre les corrompus. C’est franc, c’est courageux. Mais d’un point de vue politique, ce n’était pas la meilleure chose à faire. Cela fait penser à Adama Barrow qui, bien avant de récupérer le fauteuil de Yahya avait menacé de traduire celui-ci en justice. On sait à quoi cette imprudence avait fait conduire. En Angola, le successeur de Dos Santos s’y est pris autrement. Et il y a des raisons de penser qu’en Afrique du sud, on ferait mieux de s’en inspirer.

Boubacar Sanso Barry   

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