ledjely.com

Des activistes du FNDC arrêtés la nuit dernière à Matoto

Alors qu’ils étaient réunis la nuit dernière à Matoto pour plancher sur les ultimes détails de la manifestation de ce 12 février, des activistes membres du Front national pour la défense de la constitution, ont été arrêtés suite à une descente policière. Selon un rescapé du rapt, sept personnes précisément ont été mises aux arrêts dont Yamoussa Sylla, responsable de la section UFR de Matoto, chez qui la rencontre avait lieu, et sa maman, Hawa Soumah. Toutes seraient désormais détenues à la Maison centrale de Coronthie, dans la commune de Kaloum.

« Nous avions pratiquement fini la rencontre », entame notre interlocuteur qui, pour des raisons de sécurité, dit préférer rester dans l’anonymat. Il précise qu’ils étaient plus de 10 personnes dont deux femmes et qu’on était au-delà de 1 heure du matin. D’abord, c’est un membre du groupe sorti pour se dégourdir les jambes qui revient annoncer avoir aperçu un gendarme dans les parages. Les autres n’y accordent aucune importance, estimant notamment qu’il s’agirait d’agents sortis pour la rafle des délinquants. Mais quand à la fin du conclave, notre interlocuteur lui-même pointe le bout de son nez dehors, il tombe sur un premier groupe de 2 policiers passant devant la cour. Ensuite, un deuxième groupe, cette fois encore de deux policiers, lui aussi passe sans paraître s’intéresser à ce qui se trame dans la cour. Puis, un autre policier arrive. Celui-ci ne passe pas tout de suite. Il regarde dans la direction de la cour et se retrouve face-à-face avec notre source. Les deux se regardent et s’épient quelques secondes, puis le policier enjambe le caniveau qui le séparait du portail de la cour.

Sentant la menace, le jeune s’empresse de retourner dans la cour, en prenant le soin de refermer le portail derrière lui. Peine perdue. Le policier s’était emparé du même portail. Chacun tire de son côté. Au bout d’une trentaine de secondes, le bras-de-fer se dénoue en faveur du policier qui avait entre temps reçu le renfort de ses collègues. Ils se ruent alors dans la cour. A l’intérieur, c’est la panique et le sauve-qui-peut. « Profitant de la confusion, je suis passé par derrière et ai pu emprunter la porte de derrière pour sortir. Une fois dehors, pour éviter de me faire prendre par des agents qui attendraient dans les environs, j’ai escaladé le mur d’une cour voisine et je suis allé me cacher dans les toilettes de cette seconde cour. J’ai été suivi par d’autres amis. Et c’est qui nous a évité l’arrestation », explique notre source. Sauf qu’ironie du sort, ils ont en réalité été sauvés par une coupure du courant.

En effet, les policiers se rendant compte que d’autres membres de la bande avaient pu sortir par la porte de derrière, étaient venus frapper à la porte de la seconde cour. « Des toilettes où nous étions cachés, nous les entendions qui demandaient qu’on ouvre la cour, pour qu’ils nous arrêtent. Mais au même moment, il y a une coupure de courant dans le quartier. Ils ont alors abandonné et sont partis avec ceux qu’ils avaient arrêtés », précise-t-il. Sauvés de l’arrestation et de la détention qui aurait suivi, ils s’en sont toutefois tirés avec des blessures. Lui légèrement ! Mais pas un de ses amis qui a été « grièvement blessé à la cheville notamment », note-t-il.

Dans un premier temps, notre interlocuteur et ses compagnons d’infortune avaient pensé que leur mésaventure résultait de l’infiltration de leur groupe par une taupe qui renseignerait le pouvoir. Mais des informations ultérieures qu’il a pu collecter, il semble que c’est un voisin de la cour où ils s’étaient réunis qui les auraient dénoncés.

La rédaction      

Print Friendly, PDF & Email
Avatar
sanso@ledjely.com, admin@ledjely.com Tel : 628 10 87 62

Laisser un commentaire