MOTION DE DEFIANCE: une épreuve-leçon pour Zuma

Qu’il a eu chaud hier, le président sud-africain, Jacob Zuma. Soumis à une motion de défiance, il ne s’en est tiré qu’avec une maigre avance de 21 voix. Encore qu’il doit ce sauvetage in extremis à son parti, l’ANC. En effet, c’est en prenant en compte les conséquences de sa chute sur le parti historique que certains députés de son camp lui sont restés fidèles. Mais de cette épreuve, il doit en tirer toutes les leçons. Il doit y voir notamment à la fois un coup de semonce et un dernier avertissement. Il a en particulier intérêt à ne plus faire de vagues et à mettre fin aux nombreux scandales dans lesquels il trempe. En tous les cas, il est désormais établi qu’il n’est plus aussi invulnérable qu’il le pensait. Et tout le mérite revient à la jeune démocratie sud-africaine qui vient ainsi de prouver que dans la nation arc-en-ciel le principe de la séparation des pouvoirs n’est pas qu’un gadget politico-juridique.

Point culminant

Le bras de fer entre l’opposition sud-africaine et le président Jacob Zuma en était hier à son point culminant avec cette motion de défiance. La justice ayant avalisé le vote à bulletin secret, l’éventualité de la destitution du président sud-africain était sérieusement envisagée. Mais à l’arrivée, il s’en tire une nouvelle fois à bons comptes. Mais il s’en est fallu de peu. D’ailleurs, le résultat du vote atteste de l’impopularité du chef de l’Etat, y compris parmi les siens. Devenu un boulet et drainant désormais une sorte de poisse, certains députés de son camp aimeraient bien s’en débarrasser. Heureusement pour le numéro sud-africain, d’autres parlementaires ont estimé que ce serait trop risqué pour le Congrès national africain (ANC) de le destituer. Le parti lui-même pâtirait de la crise qui en découlerait. Et c’est à ce raisonnement que Jacob Zuma doit sa survie, somme toute relative. Aussi, il n’a surtout pas à jubiler. Tout au contraire, réalisant qu’il n’est plus à l’abri d’une retraite anticipée, il devrait penser à écouter ses compatriotes et à se montrer un peu plus digne de la fonction qui est la sienne.

Singularité sud-africaine

En tout état de cause, cette procédure de motion de défiance est de nature à grandir un peu plus l’Afrique du sud. Son effectivité atteste de l’indépendance que le pouvoir législatif et celui judiciaire a vis-à-vis notamment du pouvoir exécutif dans le pays de Nelson Mandela. Et dans le contexte africain, c’est une singularité à saluer. En effet, si dans quasiment tous les Etats africains, une telle procédure est prévue par la constitution, dans bon nombre d’entre eux, elle reste cependant de pure forme. Parce que le pouvoir exécutif en général et le président de la République en particulier écrase toutes les autres institutions. Dans un tel contexte, il ne viendrait à l’idée de personne d’entériner une procédure devant déboucher sur la destitution du chef de l’Etat. Or, en Afrique du sud, les juges sont allés jusqu’à permettre que le vote des députés se fasse par bulletin secret. Verdict auquel le président s’est par ailleurs plié. Voilà qui est formidable et qui devrait inspirer d’autres nations du continent.

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