DEPISTAGE VIH/SIDA : la vulgarisation des directives se poursuit

Dans le souci ‘’ briser la peur du  dépistage du VIH’’ et en vue de l’atteinte de l’objectif dit des  3×90, vient de se tenir à Conakry-précisément du 12 au 14 juillet 2017-un atelier de formation des pairs éducateurs des associations de jeunesse, des femmes et des hommes en uniforme sur les directives de dépistage du VIH/SIDA. Cet atelier fait suite à celui organisé dans la région administrative de Mamou. Pendant trois jours les participants venus des différentes communes de la capitale ont été outillés en techniques de sensibilisation pour la prévention du VIH/SIDA. Organisé par le ministère de la jeunesse et de l’emploi jeune, l’initiative a bénéficié de l’accompagnement financier du Fond des Nations unies pour la population  (UNFPA). Un total de 25 participants dont 12 femmes a pris part à cet atelier.

Selon les statistiques de l’enquête sociodémographique de 2012, la séroprévalence en Guinée est de 1.7 dont les femmes paient le plus lourd tribut avec 2,1 % contre 1,2 % chez les hommes. Comme on le voit donc, non seulement la pandémie se féminise, mais certains indicateurs laissent croire qu’elle affecte aussi de manière singulière la couche juvénile. D’où l’urgente nécessité d’accélérer la dynamique de son éradication d’ici à l’an 2030, selon l’agenda des Nations unies. Justement, selon Dr. Aïssatou Condé, chargée de programme VIH/SIDA à l’UNFPA-Guinée, ce sont là autant de raisons qui justifient la pertinence de la tenue de cette série d’ateliers :

La communauté internationale s’est engagée à finir avec le VIH d’ici 2030. Un objectif dans l’optique duquel la Guinée, compte tenu de la séroprévalence qui est de 1.7 % pour la population générale et qui malheureusement connait une féminisation et un rajeunissement. C’est-à-dire que pour 100 femmes, vous avez 2,1 femmes qui sont séropositives contre 1,2 hommes qui sont séropositifs. Et les jeunes ont la mêmes séroprévalence que les hommes ou les  femmes, c’est-à-dire que la tranche d’âge 15-24 ans à une séroprévalence de 1,6 %, qui avoisine la prévalence nationale, alors que ça devrait être très bas parce qu’ils (les jeunes) sont supposés ne pas être sexuellement très actifs. Si nous ne prenons pas de décision, ça veut dire que c’est l’avenir de la jeunesse qui va être hypothéqué. Donc, il s’agit  d’un déclic. L’objectif de cet atelier est d’initier ces pairs éducateurs (jeunes, femmes et hommes en uniforme) pour qu’ils s’investissent davantage dans la lutte contre le sida. Pour atteindre les objectifs de l’ONUSIDA, il est important d’investir dans les jeunes, leur donner des connaissances pour qu’ils utilisent les services de dépistages. Parce que nous ne pouvons atteindre ces objectifs que quand on connaît son statut sérologique. Or, ces services existent aujourd’hui. Les tests sont gratuit et son disponibles. Donc, il faut qu’il y ait l’information pour que la population puisse aller se faire dépister, afin de connaitre son statut sérologique et adopter un comportement à moindre risque.

De son côté, le représentant  du ministère de la jeunesse, Monchon Camara, conscient des nouvelles connaissances acquises par les participants à l’atelier et des outils mis à leur disposition, dit compter sur chacun d’eux en vue de l’atteinte à eux assignés :

Cette formation, pendant ces trois jours, vous a permis de comprendre tous les contours permettant à un pair éducateur de transformer de façon significative le comportement de nos citoyens. Avec des échanges que  je sais fructueux et des outils dont vous disposez, je ne doute guère de vos capacités à faire une offensive envers nos concitoyens pour qu’ils vivent heureux dans un monde en perpétuel changement.  En ce qui concerne mon département, nous ne ménagerons aucun effort pour appuyer les projets proposés par les jeunes auprès des partenaires dans la mise en œuvre des programmes de développement du pays. J’ose croire qu’au terme de cette rencontre, les préoccupations des jeunes en matière de santé sexuelle et reproductive seront prises en compte dans vos programmes et  projets.

Enfin, les participants ont exprimé leur reconnaissance à l’endroit des organisateurs. Et se sont engagés à se montrer à la hauteur des attentes. C’est le cas matelot 3ème classe  André  Tamba Tonguiano, de la marine nationale du port autonome de Conakry :

J’apprécie à sa juste valeur cette formation. Ce n’est pas ma première fois mais toute action a un sens et un plus. J’ai été un pair éducateur lorsque j’étais un civil, aujourd’hui je suis  militaire mais en termes de communication, rien n’a changé puisque je fais passer le même message qu’avant  dans l’armée. Le militaire n’est pas à l’abri de cette pandémie.  C’est un mal que tout le monde doit combattre. Le militaire est censé protéger la population et si ce militaire est malade ? C’est ce qui m’a poussé pendant  cet atelier de formation à présenter des doléances pour qu’il ait des cellules de communication au sein des différentes garnisons. Tout ce que nous avons reçu au cours cette formation concourt à ce que j’avais au paravent. Je rassure les organisateurs de faire le Feed-back puisque c’est une obligation.

Solange  Sagno, cheffe du centre d’écoute de conseil et d’orientation pour jeunes (CECOJE) de Matoto d’abonder dans le même sens :

Je suis très contente de participer à cette formation, qui m’a permis de renforcer mes capacité sur les questions liées aux IST/VIH /SIDA. Je promets de faire une restitution fidèle à la base pour un changement de comportement dans ma communauté.

Au terme de l’atelier, les participants ont néanmoins formulé des recommandations dont entre autres : la démultiplication de ce genre de formation, l’appui technique pour la restitution à la base, etc.

Lundi 17 juillet 2017, une rencontre est prévue au ministère de la jeunesse pour le lancement de la plateforme d’échange.

Aminata Kouyaté

 

 

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