RAPPORT NRGI : la Guinée conteste et proteste

Dans son rapport sur la gestion des ressources rendu public le 28 juin dernier, l’ONG Natural Resource Governance Institute (NRGI) avait attribué à la Guinée un score et un classement qui passent mal auprès des autorités guinéennes. Dans ce rapport, la Guinée était en effet classée 63ème sur 89 pays évalués dans le monde et 20ème sur les 31 pays africains du lot. Au-delà de ce classement, le pays était surtout notée 38/100.  Eh bien, les responsables en charge du secteur des mines qui faisait particulièrement l’objet de cette évaluation, ne sont pas d’accord et l’ont fait savoir ce 13 juillet à la faveur d’une plénière qui a planché sur le rapport et un point de presse.

Les responsables du ministère des mines et de la géologie reproche au rapport le fait de n’avoir pas pris en compte des réformes importantes engagées depuis 2011 et les mutations enregistrées en Guinée. Ils imputent par ailleurs au document de l’ONG des incohérences et des inexactitudes pouvant avoir des effets négatifs sur l’investissement en Guinée. Plus précisément, les divergences entre les auteurs du rapport et la Guinée portent sur les textes régissant la SOGUIPAMI, la gestion du plan d’impact environnemental et social et la transparence fiscale.

Aussi, à l’issue de la plénière à laquelle ont pris part des cadres des ministères de l’environnement, l’économie et des mines, Sadou Nimaga, le secrétaire général de ce dernier département, explique :

Les notes qu’ils nous ont donné suite à cette évaluation ne correspondent  pas aux efforts que nous avons fournis .Nous protestons contre le classement  donné dans ce rapport. Ce n’est pas qu’on veuille nier les faiblesses que nous avons. Nous reconnaissons que  nous sommes un pays sous-développé et que  nous avons des efforts à faire pour aller vers le développement. Mais le rapport relève des choses et donne des informations que nous trouvons inexactes. Informations qui influencent  donc  le classement de la Guinée  qui est 63ème sur 89 pays et 20ème sur 31 pays africains. Nous estimons par exemple que beaucoup d’efforts sont fournis dans le domaine de la transparence. Il y a l’application du code minier qui est tout nouveau, une nouvelle loi s’applique progressivement. On ne peut pas nous dire que le texte du code minier n’est pas appliqué à ce jour, le code minier est bien appliqué aujourd’hui dans les secteurs les plus importants que le pays connait. Il y a  par exemple la gestion  des titres  d’autorisation qui a fait l’objet d’un décret d’application. Il y a  les aspects  environnementaux : les procédures d’élaboration des études d’impact environnemental et des plans de gestion  environnementale  et sociale qui sont également adoptés. Il y a les dispositions financières   qui  ont fait l’objet d’un texte d’application et on se bat aujourd’hui pour mettre cela en œuvre.

L’ONG reprochait également à la Guinée de ne pas dévoiler  aux communautés les études d’impact environnemental et social (EIES). Là aussi, la réponse du secrétaire général du ministère de l’environnement, Barry Saidou Sidibé, est sans équivoque :

Nous sommes en train de faire des efforts dans le cadre de la mise en œuvre des plans d’impact environnemental et social. Bien sûr ais nous ne sommes pas sans lacunes à ce niveau. Si nous étions attaqués sur ce point, nous aurions compris. Mais dire que les communautés riveraines ne sont pas associées, nous ne sommes pas d’accord.

En définitive, le gouvernement guinéen, à travers notamment ministère des mines et de la géologie, invite l’ONG NRGI à revoir les informations et la méthodologie du rapport RGI en vérifiant les sources d’information et en s’assurant de la prise en compte effective des faits réels et des avancées significatives constatées dans le secteur minier de la Guinée. Par ailleurs, les responsables du département des mines dit s’attendre à ce que l’ONG intègre désormais dans sa démarche une approche qui garantisse la transparence en consultant les acteurs et toutes les sources concernés dans la vérification des informations.

Balla Yombouno

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