ATTAQUE A BAMAKO: un rappel pour IBK et Trump

Une nouvelle fois, les terroristes font parler d’eux à Bamako, la capitale malienne. Après la Terrasse et le Radisson Blu notamment, les assaillants, fidèles à une stupide vocation qui consiste à terroriser touristes et investisseurs étrangers, s’en sont pris cette fois, au campement de Kangaba, dans la banlieue est de la ville. Les soldats maliens, ceux de Barkhane ainsi que la Minusma intervenant de manière relativement prompte et efficace, le bilan provisoire fait état de deux morts et de quatre blessés. Une trentaine d’otages, quant à eux, ont été libérés. S’il en était besoin, cette nouvelle attaque vient rappeler que les terroristes qui continuent d’écumer l’ensemble de la bande sahélienne conservent une réelle capacité de nuisance. Un rappel particulièrement destiné au président malien, IBK, et à son homologue américain, Donald Trump. Le premier, parce qu’on ne comprend pas pourquoi se lance-t-il dans un projet de modification constitutionnelle, alors que son pays est à tel point vulnérable. Le second, parce qu’il rechigne à entériner la mise en place de la force multinationale du G5 Sahel.

Incompréhensible IBK

Cependant, celui dont le comportement est le plus incompréhensible, c’est bien le président Ibrahim Boubacar Keïta. A la tête d’un pays qui passe pour être la base-arrière des terroristes qui dictent leur loi sur l’ensemble de la région, ne semble pas prendre la mesure de la situation. Autrement, il se préoccuperait moins de consolider son pouvoir et trouverait les voies et moyens permettant à son pays et à ses compatriotes de retrouver la quiétude. Eh bien, puisque lui-même ne semble pas disposer à voir la réalité en face, les terroristes l’obligent d’une certaine façon, avec l’attaque d’hier contre le campement de Kangaba. En effet, au-delà de la cible et des victimes, c’est le fait que cette énième attaque ait pu être perpétrée dans la capitale qui est symbolique. Le principal enseignement qu’on peut en tire en effet, c’est qu’au-delà des régions du nord et du centre récemment ciblées par plusieurs attaques, Bamako elle-même est à portée de main. Ce, en dépit de toutes les mesures de sécurité qu’on peut aisément imaginer. C’est dire que pour le Mali, les défis sont encore très grands.

Malheureuse mais éloquente illustration

Mais au-delà du Mali, c’est de l’avenir de toute la région dont il est question. Cette dernière attaque n’en est qu’une malheureuse mais éloquente illustration. Et c’est la preuve que Barkhane et la Minusma notamment n’ont pas réussi à juguler le péril. D’où la pertinence de l’initiative portant sur la mise en place d’une force sous-régionale, sous l’égide du G5 Sahel. Sauf que Donald Trump n’est pas favorable à l’idée. Il serait même farouchement opposé. En gros, conformément à sa promesse de se consacrer essentiellement aux problèmes de ses compatriotes, il ne voudrait pas cautionner une opération qui obligerait le contribuable américain à mettre la main à la poche. Mais ce nombrilisme de sa part, il devrait le ranger après cette ultime attaque. Parce que comme l’ont déjà fort bien reconnu Emmanuel Macron et Angela Merkel, le terrorisme au Sahel est une menace pour le monde entier. En conséquence, il est du devoir du chacun et de tous de veiller à ce que le problème soit résolu.

Boubacar Sanso Barry    

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