JOURNEE DE L’ENFANT AFRICAIN : la Guinée s’engage contre les mariages d’enfants

A l’instar des autres pays africain, la Guinée a célébré ce 16 juin, la 27ème Journée  de l’enfant africain. Une journée qui commémore le massacre des enfants de Soweto en 1976, dont la Guinée profite pour lancer la campagne de l’Union africaine sur l’abandon des mariages d’enfants, autour du thème fédérateur ‘’l’agenda 2030 pour un développement durable en Afrique, accélérons la protection, l’autonomisation et l’égalité des chances’’. La cérémonie a été présidée par le ministre des transports, Oyé Guilavogui, représentant du chef de l’Etat.  A ses côtés, on notait présence de la ministre de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance et les représentants des institutions internationales.

En marge du lancement de la campagne et pour mieux illustrer la nécessité de cette dernière, le  parlement des enfants de Guinée a rappelé qu’un nombre  important d’enfants de Guinée en général et des filles en particulier sont privés de leurs droits à être protégé contre la violence, l’exploitation, la discrimination, les abus et la négligence. La présidente du parlement, Hadja Idrissa Bah, a notamment fait état de statistiques récentes selon lesquelles une fille sur deux âgées de 15 ans, serait victime de mutilations génitales féminines. Par ailleurs, 38 % des enfants de 5 à 17 ans seraient  impliqués dans une forme de travail dont 27 % travaillent dans les conditions dangereuses. De même, 89 % des enfants de 1 à 14 ont subi au moins une méthode de discipline violente dont 74,5 % un châtiment corporel. 55,7 % des femmes ont subi au moins une forme de violence physique dont 29,3 % de violence sexuelle depuis l’âge de 15 ans.

Un tableau qui, conclue-t-elle, fait qu’aujourd’hui :

La Guinée se classe parmi les pays d’Afrique ayant un taux de mariage des enfants les plus élevés avec 25,9 % des femmes mariées avant l’âge de 15 ans et 57,8 % mariées avant l’âge de 18 ans. Dans notre pays, 49,9 % des adolescentes de mon âge entre 15 et 19 ans ont déjà eu une grossesse et 41,9 % d’entre  elles ont donné naissance avant d’atteindre l’âge de 18 ans.

Evoquant les conséquences du phénomène de mariage d’enfants, il lance une invite :

Nous  enfants de Guinée, estimons que le mariage des enfants constitue un véritable frein à notre épanouissement  et à notre développement. Nous les enfants de Guinée, nous demandons à l’occasion du lancement de cette campagne de lutte contre le mariage des enfants de faire de notre Guinée un pays sans mariage des enfants, un pays dans lequel les filles, les femmes jouissent du même statut d’égalité que les garçons et  les hommes. Et dans lequel toutes les opportunités nous sont offertes pour réaliser pleinement notre potentiel dans tous les aspects de  notre vie

Très réceptif à ce plaidoyer,  le représentant-pays de l’UNICFE en Guinée, Marc Robin, s’engage à accompagner les enfants de Guinée pour l’atteinte des résultats escomptés.

Formulant le vœu que les problèmes des enfants soient une préoccupation pour tout le monde, la ministre de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance, Sanaba Kaba, s’est toutefois appesantie sur le sort peu enviable réservée aux filles

En plus d’être utilisé  comme de la chair à canon dans nos guerres absurdes, les enfants sont souvent exploités pour accomplir des tâches  au-delà de leurs compétences physiques. Ces actes inhumains sont souvent aggravés par des violations sexuelles et le mariage des enfants qui touchent  particulièrement la tranche  féminine. Selon les résultats récentes de l’enquêtes MICS 2016 en Guinée bien que la loi fixant l’âge minimum du mariage à 18 ans, pour les filles et les garçons, 22,8 % des filles sont déjà en union avant même d’atteindre l’âge de 15ans et 54,6 % des filles de 18 ans ont déjà contractées le mariage

En conséquence, elle invite les communautés, les leaders religieux et les parents à prendre la pleine mesure de leurs responsabilités respectives en faisant de la protection de leurs enfants une préoccupation de tous les instants.

Le ministre des transports, représentant du chef de l’Etat, a rappelé

Protéger les enfants de la violence, de l’exploitation, des abus et du mariage d’enfant communément appelé mariage précoce est un impératif moral … dans notre pays. Elles sont nombreuses des jeunes filles qui rentrent en union avant l’âge autorisé par la loi.

Balla Yombouno

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