MENDIANTS DE CONAKRY : des laissés pour compte

Avoir une  vie décente est le souhait et l’aspiration de tout individu, mais ce souhait est malheureusement bridé  par  une loi de la  nature dont la teneur est le suivant  « la vie reste ce qu’elle est, et non ce que quelqu’un d’autre voudrait qu’elle soit ». La satisfaction de l’intérêt général étant le but recherché de l’Etat, les personnes vulnérables méritaient une  attention et une assistance particulières de sa part. Une protection sociale est la chose la plus attendue et souhaitée du côté des personnes á mobilité réduite en Guinée.

Exposés qu’ils sont á toutes sortes de dangers notamment les intempéries de la nature et les accidents de la circulation, l’Etat aurait tout à gagner en terme d’image en offrant des abris et nourriture aux  mendiants, qui, pour le moment  vivent sans abris et sans assistance sociale sous le pont Fidel Castro. La route n’est point  l’espace approprié pour mendier. Pourtant, cette pratique se passe au su et au vu de toutes les autorités, á savoir les ministres du transport, de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance. Les autorités routières  devraient sérieusement se pencher sur la situation des mendiants dans les rues. Les accidents de la circulation étant très récurrents en guinée le Ministre du transport en très  bon ministre de la république mériterait mieux  son poste en réglementant la route de manière á ce qu’ils ne mendient plus  dans la circulation. Mais ni lui encore moins  les services de la police routière ne se soucient guère de cette problématique ambiante.

Une politique de protection sociale accompagnée d’actions concrètes en faveur de cette couche vulnérable pourrait être considérée comme  un véritable engagement des pouvoirs publics  à créer des conditions de vie décente  pour les personnes démunies. A un moment donné, un sursaut patriotique doit nous guider, nous amener á réfléchir sur nos actes en nous posant les vraies questions à savoir si nous sommes à la hauteur des attentes de ceux que nous représentons ?  Sommes-nous véritablement à leur service ?

En tout état de cause, le ministère de l’action sociale devrait être sensible à la misère et aux conditions de vie lamentables de nos compatriotes vivant sous le pont Fidel Castro et partout ailleurs. Aujourd’hui, il est plus qu’urgent de mettre en place une couverture maladie pour les mendiants comme le ministre Siaka Barry l’a fait pour les artistes. C’est un véritable leadership et un sens d’humanisme très élevé. Les enfants que nous voyons aux abords du pont de Fidel Castro et ceux d’ailleurs sont non seulement exposés aux accidents de la circulation mais aussi à  toutes sortes de maladies notamment diarrhéiques. Un autre fléau doit être pris en compte, c’est celui qu’ils seront demain, à savoir des jeunes sans aucune éducation, sans aucune  formation ; abandonnés á eux-mêmes, ils deviendront des délinquants dans la société.

Pourquoi, ce ministère dit-on de l’action sociale s’illustre par son incompétence et son incapacité à promouvoir des politiques visant à aider et à protéger les personnes vulnérables ?

A moins d’être frappé de cécité,  tout être humain doit être très touché et très sensible face aux  conditions inhumaines  dans lesquelles végètent les  personnes à mobilité réduite. Tout laisse croire que nos autorités s’occupent davantage d’eux-mêmes, au grand dam de leurs concitoyens. Cela  relève d’un grand paradoxe, quand on sait que l’Etat poursuit normalement la satisfaction de l’intérêt général. Le paradoxe est tout aussi grand du coté de nos parlementaires qui se font entendre sur tous les sujets sauf  sur les questions des couches vulnérables. Aucun n’a pris conscience de la fébrilité et des conditions précaires ne serais-ce  que des mendiants,  vivant sans abris. La seule chose qui les importe ce sont leurs honoraires, les élections et les questions d’argent.

Etant l’émanation du peuple et représentant de celui-ci, nos honorables n’ont pourtant pas besoin qu’on leur rappelle qu’ils ont l’obligation de défendre et de voter des lois permettant de redonner la dignité de cette couche qui en a tant besoin. Personne n’en parle, ni les autorités religieuses, ni les ONG de défenses des droits humains, ni la  société sociale, ni les medias. C’est le silence total, alors chacun voie les mendiants marcher á quatre pattes entre les véhicules sur la route. L’indice de développement d’un Etat se mesure aussi par sa capacité à assumer et à gérer les enjeux liés au bien-être et au mieux- être de ses citoyens.

Sans secours ni recours, les mendiants sont obligés de vivre leur mal en patience. Ils n’ont qu’une  seule et unique alternative, quémander dans les rues avec toutes les conséquences que cela engendre. Le bout du tunnel n’étant pas à l’horizon.

Mamadou Aly BARRY

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