MACRON AU MAROC: l’Algérie doit-elle s’inquiéter?

Que doivent ressentir les Algériens au sujet de la visite qu’Emmanuel Macron et son épouse effectuent depuis hier au Maroc ? Est-ce un déplacement des plus ordinaires dans la tradition de la diplomatie internationale ou bien faut-il voir quelques symboles associés à ce premier déplacement du président français au Maghreb comme un privilège qui préfigure une réorientation stratégique de la diplomatie française dans cette région ? Ces questions, les autorités algériennes doivent certainement se les poser, en dépit du fait Jean-Yves Le Drian, le chef de la diplomatie française, vient à peine de quitter Alger. Après tout, un président et un ministre, ce ne sont pas les mêmes symboles. Surtout que par ailleurs, lors de son déplacement à Gao, parlant du rôle qu’il entend des Algériens dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, Macron n’avait pas été nécessairement tendre.

Sobriété et singularité

Macron à Rabat, c’est peut-être une certaine sobriété, dans la mesure où le président français n’est accompagné que de son épouse. Toutefois, même en l’absence des ministres et des hommes d’affaires, ce déplacement-là demeure singulier. Il y a de la part du président français une volonté manifeste de cultiver une certaine proximité avec le roi Mohamed VI. Au-delà d’une coopération classique, il y a comme une amitié en gestation. D’où le choix d’y aller en tant que famille et non sous le statut de président. Le choix du partage du repas de la rupture de jeûne d’hier soir s’inscrit aussi dans cette même veine. Par ailleurs, à son arrivée dans la capitale marocaine, Emmanuel Macron n’a pas tari d’éloges  à l’endroit de Mohamed VI. Présentant ce dernier comme un allié dans la lutte contre le terrorisme dans la région en général et dans la crise libyenne en particulier, il a par ailleurs salué le retour du Maroc dans l’Union Africaine et laissé entrevoir une issue heureuse à la démarche du royaume chérifien en direction de la CEDEAO. En somme, il y a des signes qui ne trompent pas. Et Mohamed VI aurait de quoi jubiler.

Paris-Alger : brouilles souterraines

Surtout dans le contexte de la rivalité connue avec le voisin algérien. D’autant qu’on a l’impression que depuis l’élection du nouveau président français, le courant ne passe pas nécessairement avec Alger. Certes, c’est dans ce pays qu’il s’était fendu de sa fameuse déclaration sur la colonisation présentée comme un crime contre l’humanité. Pour leur part, au lendemain du second tour de l’élection française du 7 mai dernier, les autorités algériennes avaient émis le message de félicitation le plus long qui soit. Mais rien de tout cela ne doit faire illusion. Pas plus que le dernier séjour que vient d’y effectuer Jean-Yves Le Drian. Pour preuve, lors d’une conférence de presse qu’il a animait le 19 mai dernier à l’occasion de son déplacement à Gao, interrogé au sujet du soutien éventuel qu’Alger apporterait à Iyad AG-Ghali, Emmanuel Macron, sans sourciller, avait dit s’attendre à un plus grand effort de la part de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélienne. Ce qui avait alors été plus ou moins interprété comme un rappel à l’ordre en direction d’Alger. Si après tout ça, les Algériens se mettent à imaginer des choses, on ne pourrait le leur reprocher.

Boubacar Sanso Barry

 

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1 Comment

  1. Chaoius

    17 juin 2017 at 20 h 27 min

    Bonsoir ça me fais rire c’est petits marocain sui vante leur succès
    Peut-être à force de lèches ils avance
    Exporter de la drogue ça rapporte leur peuple et muselé les occidentaux vont au Maroc. Passer de belle vacance chez les particulier pour ce foires suces la bite vive le Maroc plus besoin a nous les Algériens d Europe d aller en thaillandes
    Le Maroc on baise pour i dirais la mère la fille la belle fille
    Tous bonheur
    vIVe. l algerie

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