INSALUBRITE A CONAKRY : les premières pluies rappellent les défis

A Conakry, les années passent mais la réalité demeure. Surtout pour ce qui est de l’assainissement. Comme à chaque début de saison pluvieuse, les pluies qui se sont abattues ces derniers jours dans la capitale guinéenne ont davantage mis en évidence la réalité en matière d’insalubrité. Caniveaux exigus et servant de dépotoir d’ordures, constructions anarchiques, déchets entassés à l’intérieur des marchés, c’est cela la physionomie de Conakry pendant toute la saison sèche. Aussi, quand les pluies commencent, les quartiers, les marchés et les caniveaux refoulent le trop plein de saletés sur la voie publique. En sorte que par endroits, celle-ci est bloquée. Ce qui n’arrange en rien une circulation rendue impossible par d’interminables bouchons.    

A Conakry, l’insalubrité est souveraine. Quoi qu’en disent certaines autorités et autres ONG dont les interventions sont décidément inefficaces. Autrement, la question ne reviendrait pas avec acuité chaque année. Or, en ce mois de juin, alors qu’on est encore loin des grandes pluies qui caractérisent Conakry, les ordures règnent en maîtres et prennent littéralement en otage la ville-capitale. Feignant la surprise, citoyens et autorités se plaignent et se lamentent.

Au marché de Matoto, des vendeuses abordées par notre reporter disent ne rien pouvoir contre les saletés. De même qu’elles sont obligées de côtoyer les ordures qui inondent le marché, avec comme bonus d’insoutenables odeurs.  Comme à chaque fois, mettant en avant des conditions sociales précaires, elles formulent des doléances en direction des autorités :

Nous voulons que les responsables nous aident. Nous souffrons, nos maris ne travaillent pas et nous sommes assises dans ces saletés pour trouver de quoi nourrir la famille. Nous savons bien qu’en cas de maladie, même l’argent que nous gagnons ici ne pourra pas nous soigner. Mais que pouvons-nous faire ? Nous payons l’impôt, le prix de la place tout ça pour qu’on vient prendre les ordures. Hélas.

Fatoumata Keïta, une citoyenne interrogée par notre rédaction pense même que les saletés de Conakry sont de nature à affecter l’efficacité dans les différents services

Quand il pleut, le travail est au ralenti puisque les travailleurs auront du mal à rejoindre leur service, sans oublie les maladies qui pourraient surgir encore alors qu’on vient juste de sortir d’Ebola.

De fait, beaucoup d’observateurs pensent que cette situation est savamment entretenue par un groupe de cadres tapis au ministère de l’administration du territoire et dans l’enceinte du gouvernorat de Conakry. Un groupe de cadres qui voient d’un mauvais œil la résolution définitive de cette question dont ils tireraient des profits importants. En tous les cas, on pourrait difficilement comprendre qu’en sept ans, Alpha Condé, en dépit d’une volonté qu’il fermement manifestée à certaines occasions, n’ait pas réussi à résoudre cette lancinante problématique de l’insalubrité à Conakry.

Aminata Kouyaté

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