L’AFRIQUE CONVOITEE: l’Allemagne intéressée ?

En dépit de son instabilité chronique, de la corruption légendaire de ses cadres et plus généralement de son élite et des fléaux de famine et d’épidémies qui lui collent encore à la peau, l’Afrique demeure plutôt attractive. La croissance chinoise en berne, les grandes puissances se tournent vers ce continent aux ressources naturelles abondantes, à la main d’œuvre peu coûteuse et au marché prometteur. C’est ainsi que la France, la Grande Bretagne, la Chine et l’Inde qui s’y trouvent déjà, font tout pour consolider leurs positions. Désormais, à celles-là, vient s’ajouter l’Allemagne, jusqu’ici plus portée vers le marché asiatique. Bien entendu, la porte d’entrée du géant européen, c’est la problématique de l’immigration et le péril terroriste qui pèsent à coup sûr sur le vieux continent. Mais des solutions qui sont envisagées, des entreprises allemandes pourront tirer profit. Une première étape d’une dynamique qui pourrait s’intensifier avec le temps.

L’immigration, porte d’entrée

A priori, l’Afrique n’est pas une priorité pour l’Allemagne. Le regain d’intérêt de la première économie européenne pour l’Afrique naît surtout de la crise migratoire de l’été 2015. A partir de cette crise-là, l’Allemagne prend conscience de la nécessité d’intervenir sur les facteurs qui, à la base, poussent les Africains à taper à la porte de l’Europe. Dans la foulée, le terrorisme est aussi identifié comme un défi à prendre en compte de manière concomitante. Depuis, la chancelière s’est elle-même rendue notamment au Mali et au Niger. Puis les rencontres se multiplient çà et là à l’initiative de l’Allemagne. Comme ce mini-sommet qui réunit depuis hier neuf dirigeants du continent autour d’Angela Merkel, avec en toile de fond le débat sur les opportunités d’investissement sur le continent. Trois secteurs stratégiques sont particulièrement sur la table : l’agriculture, les énergies renouvelables et les infrastructures dont les routes. Des secteurs porteurs que l’Allemagne a identifiés comme des leviers pour le développement du continent africain. Ce développement, à son tour, étant ultimement perçu comme une solution durable à la problématique de l’immigration clandestine en provenance de l’Afrique.

Un retour sur investissement

Toutefois, il ne faut pas être naïf. L’Allemagne n’est nullement dans une démarche philanthropique. Elle compte bien capitaliser les efforts qu’elle déploie ces dernières années au nom du continent africain. Un premier retour sur investissement se fera avec les parts de marché que pourront engranger les entreprises allemandes quand certains projets verront le jour. Ensuite, sur le long terme, l’Allemagne s’efforce d’aider à faire émerger sur le continent une classe moyenne avec un pouvoir d’achat lui permettant d’acquérir les produits Made in Germany. Parce qu’une des caractéristiques de la marque allemande, c’est la qualité qui suppose un prix d’un certain niveau. Outre cette dimension sur la classe moyenne, le pays d’Angela Merkel travaille aussi à la consolidation de certaines zones économiques relativement intégrées. L’objectif étant d’obtenir in fine des marchés qui ne se limitent pas aux frontières nationales, sans doute trop restreintes. C’est en partie ce qui explique la surreprésentation de l’Afrique de l’ouest au mini-sommet de Berlin. La CEDEAO étant considérée comme le bloc politico-économique le plus abouti sur le continent.

Boubacar Sanso Barry

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