K-ÉNERGIE-SA vs GDE : tout ce qu’il faut savoir

Kassus Dioubaté mène une campagne de presse ininterrompue, notamment sur les radios, contre le Guinéo-américain Mori Diané, PDG  de la Guinéenne d’Énergie (GDE). Voici, documents à l’appui, tout ce qu’il faut savoir sur ce différend, s’il en est. En vérité les déboires de Kassus avec K-Énergie et ses partenaires ne sont imputables qu’à sa propre moralité en affaires.

K-Énergie, ses partenaires et l’État guinéen

Le 30 juillet 2014, lorsque la pénurie d’électricité est criante à Conakry, l’État guinéen signe avec le Projet K-Énergie-SA un contrat d’achat d’électricité. L’énergie fournie doit venir en appoint à celle d’EDG et améliorer significativement la desserte dans la capitale. Le contrat, selon ses termes, entre en vigueur « après la réalisation des  conditions suivantes : la signature du contrat par les parties, la délivrance de la lettre de crédit et la signature du protocole d’accord ». Sa durée est « de deux ans à compter de la date de mise en service de la centrale ».

Le Projet K-Énergie-SA s’engage à fournir 35 MW pendant la première année et 50 MW la suivante.

Les signataires du contrat sont messieurs Sam Alexandre Zormati, pour le groupement formé par K-Énergie-SA et Miami Capital Holding Corporation, Nava Touré, pour EDG, Idrissa Thiam, ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, et Mamadi Condé, administrateur général de l’ACGP.

Kassus Dioubaté n’en fait pas partie, comme on peut le voir ci-dessous.

 

 

 

 

 

 

 

 

Kassus est simplement l’adjoint du directeur général Zormati.

Sur la base de l’accord signé avec l’État, la société K-Énergie, dirigée par le Franco-tunisien Sam Alexandre Zormati, signe avec la société Miami Capital Group Corporation un contrat de leasing (location), avec option d’achat, portant  sur une centrale électrique et ses accessoires complets, incluant les bureaux et le matériel de connexion au réseau électrique d’EDG. La propriété de la centrale revient de droit à Miami Capital Group Corporation. Le contrat stipule que K-Énergie doit lui verser une redevance mensuelle de 4 250 000 dollars au titre des loyers dus pendant les deux années d’opération convenues avec l’État (du 28 février 2015 au 28 février 2017).

Miami Capital Holding Corporation livre et installe à Coronthie une turbine de 50 MW et une autre de 25 MW. Celle-ci est mise en réserve pour répondre à toute demande supplémentaire d’énergie qui pourrait être formulée par l’État guinéen.

Auparavant, Kassus a réussi à convaincre Zormati qu’un étranger ne peut créer une société en Guinée qu’à deux conditions : il s’associe à un Guinéen et il lui accorde 60 % des dividendes.

Le 15 juin 2015, la supercherie est découverte et K-Énergie harmonise ses statuts chez le notaire Me Roger Kpoghomou selon l’apport réel des actionnaires : Miami Capital Holding Corporation a 93 %, Miami Group INC 5 %, Ibrahima Kassus Dioubaté 1% (et non plus 60 %) et Sam Alexandre Zormati 1 % (voir ci-dessous).

 

 

 

 

 

 

 

Défaillances de K-Énergie et agitations de Kassus

La centrale entre en service et fonctionne normalement. Néanmoins, par les combines de Kassus, les redevances locatives mensuelles dues par K-Énergie au fournisseur de la centrale ne sont pas versées régulièrement. La confiance entre les deux s’écorne, le fournisseur met en demeure K-Énergie de s’acquitter de ses arriérés de loyer, sinon il résilie purement et simplement leur contrat. Miami Capital Holding Corporation  commence par demander que la turbine de réserve de 25 MW, restée oisive, soit retournée aux fins de révision.

Kassus s’y oppose. Se faisant passer pour le DG et l’actionnaire majoritaire de K-Énergie, malgré les nouveaux statuts qui l’ont dilué jusqu’à 1 %, il saisit le tribunal de première instance (TPI) de Kaloum d’une requête de saisie conservatoire des deux turbines.

La société K-Énergie, représentée par son DG Zormati,  et Miami Capital Group interjettent appel. La cour d’appel de Conakry prend un arrêt qui, en la forme, « rejette la fin de non-recevoir soulevée par M. Ibrahima Kassus Dioubaté ; déclare les appels recevables » et «  rétracte l’ordonnance de saisie conservatoire N°323 en date du 20 septembre 2016 ; ordonne la main levée de la saisie pratiquée ». La turbine est renvoyée à son propriétaire.

 

 

 

 

 

 

Le doyen des juges d’instruction du TPI de Kaloum n’est pas informé que la cour d’appel (placée à un degré supérieur) a rendu un arrêt. Par la malice de Kassus Dioubaté, il prend une « ordonnance d’interdiction de toute sortie des biens de la société K-Énergie-SA » et lance une commission rogatoire internationale contre Zormati.

Le 5 décembre 2016, il se rend à l’évidence et prend une ordonnance de rétractation (voir ci-dessous).

 

 

 

 

 

Kassus Dioubaté n’ose pas se pourvoir en cassation à la cour suprême, il sait pertinemment que  ce serait peine perdue. Passé le délai de recours de deux mois sans aucune opposition de sa part, la cour d’appel de Conakry émet, le 17 février 2017, un « certificat de non-pourvoi et de non-opposition ». Dès lors, l’affaire a force de la chose jugée.

Kassus n’est pas non plus en odeur de sainteté auprès de la holding Miami Capital Group. Contract terminated !

L’État appelle Mori Diané à la rescousse

L’État a besoin que la centrale électrique installée à Coronthie continue à fournir de l’électricité. Il fait appel à l’homme d’affaires guinéo-américain Mori Diané pour un nouveau contrat. Kassus lui rend visite avec ses parents et lui présente l’affaire sous un faux jour. Il  joue aussi sur l’affectif et le patriotique. Mori Diané hésite longtemps à signer avec l’État, il  veut d’abord y voir clair. Servir son pays, oui, mais pas en expropriant un compatriote, pense-t-il. Il mène donc ses investigations. Auprès de l’État guinéen et des partenaires de K-Énergie, toutes les prétentions de Kassus s’avèrent sans fondement. D’ailleurs, il n’a pas fourni le moindre titre de propriété de la centrale, ni excipé d’aucun contrat signé nommément par lui avec l’État ou le fournisseur de la centrale. Son nom ne figure sur aucun document. Il n’existe qu’à l’interne, un simple membre de la direction.

Les documents afférents à l’achat et/ou à la location des turbines ne comportent nulle part la signature de Kassus. Le fabricant des turbines a lui-même certifié par écrit qu’il n’a eu aucun rapport commercial avec lui. À ce compte, comment peut-il prétendre être le propriétaire d’équipements qu’il n’a ni négociés ni payés ?

Les agissements de l’homme ont finalement amené K-Énergie  à se saborder. Durant l’activité de la société, Kassus a touché 7 millions de dollars, malgré ses multiples défaillances.

La nature a horreur du vide. L’État presse Mori Diané. L’Américano-guinéen se résout enfin à créer la Guinéenne d’Énergie (GDE) et signe un contrat de leasing avec le propriétaire de la centrale. L’État signe avec lui un contrat d’achat d’électricité, le 12 janvier 2017.

 

 

 

 

 

 

 

Par patriotisme et pour raison d’utilité publique, GDE facture le kilowattheure moins cher que K-Énergie.  Elle ne reçoit que 24 millions de dollars de l’État. K-Énergie, à travers Kassus Dioubaté, en avait reçu 140 millions. Qu’en a-t-il fait, puisqu’il s’est arrangé pour que le fournisseur de la centrale ne perçoive pas régulièrement ses redevances mensuelles de 4 250 000 dollars ?

Kassus Dioubaté, chassé du paradis par sa propre faute, devient amer et vindicatif. Il s’engage à nouveau dans une bataille judiciaire. Il este en justice Mori Diané, pourtant étranger à ses démêlés avec l’État et le  fournisseur de la centrale.

Parallèlement, il se lance dans une autre bataille, médiatique cette fois-ci. Il opte pour l’intox, il tord les faits, multiplie désinformation, diffamation et calomnies contre l’homme, jette le trouble dans les esprits. Il va jusqu’à faire diffuser sur une radio un enregistrement bidouillé qu’il a fait secrètement de sa conversation avec Mori Diané. En enregistrant secrètement une personne, il se rend coupable d’un délit prévu et puni par l’article 358 du code pénal. L’article suivant, le 359, condamne également toute personne physique ou morale qui diffuse un enregistrement d’une personne sans son consentement.

Selon nos informations, Mori Diané a porté plainte pour atteinte à la vie privée contre Kassus Dioubaté au tribunal de première instance de Dixinn.

Face à ces excès médiatiques, le véritable représentant de K-Énergie, Sam Alexandre Zormati, délivre à qui de droit, le 4 avril 2017, une attestation certifiant que lui et les partenaires de la société n’ont « jamais esté en justice la société ‘’La Guinéenne d’Énergie SARL’’ (GDE) pour quelque motif que ce soit, ni mandaté quiconque pour ce faire ».

 

 

 

 

 

 

Un homme âpre au gain et au passé scandaleux

« Avant d’exercer vos titres, montrez-les ! », disait Rousseau déjà au 18e siècle. On pourrait dire de notre homme : avant de jeter l’anathème sur autrui, prouve ta propre moralité.

Le 19 janvier 2009, l’hebdomadaire Jeune Afrique, dans son article « Gouvernement sous influence » parlant du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, écrit : « Il a aussi ordonné l’arrestation de Mohamed Dioubaté, alias Cassus, un des piliers du trafic de drogue à Conakry. » No comment ! À noter que l’homme se fait appeler tantôt Mohamed tantôt Ibrahima, selon les circonstances et le lieu.

Affrétez un jet privé à destination des États-Unis et invitez-le à y monter gracieusement, il regimbera. Car il y est interdit de séjour pour cause de casier judiciaire. L’homme n’est pas à son coup d’essai, c’est un coutumier du fait.

Dans le monde des affaires guinéen, il y a une fâcheuse habitude héritée du régime précédent : l’entourloupe. On s’associe à des partenaires étrangers, on leur fait mettre le gros du capital et lorsque la société commence à prospérer, on met en branle une redoutable machine pour les exproprier avec la complicité de certains magistrats. Quand le tour est joué, on obtient leur expulsion du territoire assortie d’au moins dix ans d’interdiction de séjour. Un investisseur étranger s’en va ainsi de la Guinée et ensuite il dissuade cent autres d’y venir.

L’on n’épargne même pas les investisseurs issus de la diaspora guinéenne qui veulent mettre au service du pays leur capital et leur savoir-faire. Mori Diané, expatrié depuis 40 ans, propriétaire de grosses sociétés aux États-Unis, est aujourd’hui victime de l’entourloupe à la guinéenne. Mais les choses s’améliorent en Guinée. Gageons que son accusateur se cassera les dents !

El Béchir

 

 

 

 

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