GUINEE : l’opposition menace de nouveau

La récente visite d’Etat du président Alpha Condé en France pourrait déboucher sur quelque chose de moins reluisant que les avantages que les partisans du président de la République mettent en avant.  En effet, les propos plutôt flous qu’il y a tenus autour de l’éventuel troisième mandat sont au nombre des motifs qui pourraient inciter l’opposition guinéenne à reprendre ses manifestations de rue. C’est en tout cas ce que Cellou Dalein Diallo et Cie ont laissé entendre aujourd’hui, à l’issue d’une plénière qu’ils ont tenue au QG de l’UFDG. L’autre grief qu’ils mettent en avant étant le retard accusé dans la mise en œuvre des dispositions de l’accord politique du 12 octobre 2016.

Justement, à l’issue du conclave, le porte-parole de l’opposition républicaine, pour justifier les manifestations en perspective, a déclaré :

Nous ne pouvons pas croiser les bras et laisser cet accord pour lequel nous avons investi, pour lequel des Guinéens sont morts et pour lequel nous avons fait des concessions majeures, le laisser piétiner comme les trois qui l’ont précédé.

Conséquence, poursuit Aboubacar Sylla, par ailleurs leader de l’Union des forces du changement (UFC) :

Nous allons engager des manifestations sur les places et sur les voies publiques avant et pendant le mois de Ramadan. Nous allons organiser des meetings tournants dans la capitales Conakry et peut être à l’intérieur du pays pour sensibiliser et conscientiser les populations guinéennes. Nous allons organiser des marches pacifiques et rencontrer la représentation de la communauté internationale en Guinée. Nous allons également rencontrer les sages et les religieux, nous allons écrire des courriers que nous allons adresser au secrétaire général des Nations Unies, à l’Union Africaine, à la CEDEAO, à l’OIF, à tous nos partenaires techniques et financiers, en particulier à tous ceux qui ont participé au dialogue et à la signature des accords, pour que demain lorsque nous allons commencer notre manifestation, qu’il soit clairement établi que nous utilisons ce recourt ultime parce que le gouvernement et le président de la République ont montré leur volontés farouche de piétiner les accords.

Mais au-delà de la question de l’accord politique, celle de la candidature éventuelle du chef de l’Etat à un troisième mandat émerge également de manière progressive comme un contentieux en devenir. Surtout, à en croire Aboubacar Sylla, depuis les propos tenus récemment depuis la France par Alpha Condé

Les discours que le président de la République tient montre toujours des velléités de plus en plus présentes pour un troisième mandat. Dans ses projets, il y a apparemment une volonté de tripatouiller la constitution, de la modifier et de proposer une autre constitution qui puisse lui permettre de briguer un autre mandat. L’opposition républicaine dit sa farouche volonté de s’opposer systématiquement à toute tentative. Nous userons de tous les moyens pour que cette situation cauchemardesque n’arrive pas à la République de Guinée alors que la constitution guinéenne sur laquelle il a prêté serment l’engage à se limiter à deux mandats.

La situation socioéconomique du pays a été également évoquée au cours de la rencontre. Mis comme on peut l’imaginer, ce n’était point la priorité.

Ibrahima Kindi BARRY

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