FETE DE PAQUES: des prières pour l’Afrique…

Hier, à l’occasion de la fête de pâques, le Pape François, dans son traditionnel message Urbi et Orbi (à la ville et au monde), a formulé des prières pour l’Afrique. Il a particulièrement nommé le Soudan, le Soudan du sud, la Somalie et la République démocratique du Congo (RDC). Mais plus largement, il a évoqué l’ensemble des maux auxquels le continent reste confronté. Il s’agit notamment de l’immigration, de la famine ainsi que des conflits armés qui sont çà et là déclenchés par des dirigeants et qui se nourrissent du juteux commerce des armes. Pour la cessation de tous ces fléaux, le souverain pontife a imploré la clémence du Seigneur. Mais à travers lui, c’est aux humains et donc aux Africains qu’il s’adresse. Parce que dans une large mesure, tous ces problèmes leur sont imputables.

L’humanité, une denrée rare

Les lois et autres grands principes se révélant incapables de garantir la paix dans le monde et à procurer aux êtres humains la protection et le bien-être requis, le Pape, quand l’occasion se présente, fait valoir la foi. Une démarche dont l’objectif hypothétique est de ressusciter les valeurs  d’amour, de tendresse, de générosité, d’empathie…bref l’humanité qui, de nos jours, est devenue une denrée rare. C’est justement à l’abandon systématique de ces doctrines centrées sur l’être humain que le monde doit une bonne partie des problèmes auxquels il est confronté. Dans le cas du continent africain, le cancer du terrorisme résulte d’une part, de l’intolérance religieuse, et de l’autre, de la pauvreté et de la misère ambiantes qui, elles-mêmes, trouvent leurs origines dans la corruption de bien de dirigeants du continent. Cette même corruption et la cruelle méchanceté et l’égoïsme qui la sous-tendent sont une des causes profondes du phénomène migratoire qui engloutit les uns après les autres, les jeunes africains.

La politique, l’anti-morale

Quant à la famine qui sévit en Afrique de l’est, elle est peut-être en partie la conséquence du phénomène plus global du changement climatique. Mais la passivité avec laquelle elle est abordée par les Africains traduit un révoltant déficit de solidarité. Une situation d’autant plus inacceptable qu’à l’origine, l’Afrique, c’est surtout l’entraide mutuelle. Sur le plan politique aussi, l’Afrique doit beaucoup à l’abandon progressif des valeurs morales séculaires. Il en est ainsi des phénomènes de modification constitutionnelle ou de fraude électorale. Ils sont souvent le fait de pseudo-leaders incapables de résister aux privilèges fugaces au profit des honneurs authentiques et à la grandeur infinie que procure le sentiment du devoir accompli. Ayant à jamais cédé à logique de la course effrénée aux richesses matérielles, les dirigeants en question, quitte à martyriser leurs peuples et ou à provoquer des conflits meurtriers, s’accrochent au pouvoir jusqu’à leur fin, très souvent piteuse.  De nos jours, même la pratique politique, en tant que telle, est perçue comme étant antimorale.  Parce que ceux qui se prétendent politiciens font à la fois dans le mensonge, la duplicité, la trahison, le vol, la déloyauté, l’ethnocentrisme, le népotisme, etc. D’où la méfiance avec laquelle ils sont généralement perçus.

Que le Pape et tous les hommes de foi mettent à profit certaines occasions pour rappeler aux hommes leur responsabilité dans les tragédies qui se jouent dans le monde, est donc plus qu’une nécessité. Vu le niveau de perversion des gens, le succès n’est certes pas garanti. Mais ce n’est pas une raison pour que ceux dont la mission est justement de titiller les consciences, ne le fassent pas.

Boubacar Sanso Barry

 

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