FAMINE EN AFRIQUE : Africains, indignez-vous!

« C’est la plus importante crise humanitaire depuis la seconde guerre mondiale », avertit le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, selon lequel, 20 millions de personnes sont menacées par la famine et courent le risque imminent de mourir au Nigeria, en Somalie, au Soudan du Sud, au Yémen. Géographiquement c’est loin de chez nous. Humainement c’est tout près de nous. Cette catastrophe humanitaire sévit depuis plusieurs mois au centre et à l’autre bout de l’Afrique. Le dommage est qu’aucun africain ne lève le petit doigt. Pire aucun chef d’Etat ne pipe mot. Peut être qu’on ne se sent pas concerné, parce que nous autres, on a nos trois repas par jour, aussi maigres ou pauvres soient-ils. Que fait-on du dicton selon lequel « Si la case de voisin brûle, ne croise pas les bras. Le feu pourrait se propager  » ? D’ailleurs selon la FAO, la crise est loin de se limiter à ces quatre foyers. Toute la bande sahélienne serait menacée. C’est-à-dire du Mali à l’Ethiopie. Et tous ces pays ont un dénominateur commun: la pauvreté. A cela s’ajoutent, les conflits armés et les incursions de sectes islamiques. Aussi, dans la plupart des pays où les populations luttent en ce moment contre la faim, la sécheresse apparaît comme une cause secondaire. Une calamité naturelle aux portes de chacun. Le climat change comme le caméléon. Situation engendrée par l’Homme. Charité bien désordonnée, commence et fini par soit même.

Un point de non-retour

Selon un communiqué de l’organisation humanitaire « Action Contre la Faim« , Les enfants sont extrêmement vulnérables en ce moment. Même que nombre d’entre eux n’atteindront pas leur cinquième anniversaire. « Ils ont un besoin urgent de traitement. Notre priorité immédiate est de sauver des vies. Mais les besoins sont immenses et dans de nombreux domaines, nous sommes parvenus à un point de non-retour. A défaut d’une intervention d’envergure et d’urgence, ces crises devraient aller en s’empirant au cours des six prochains mois’’, peut-on lire sur le communiqué. Une alerte qui laisse les africains indifférents. Les occidentaux, quant à eux n’en parlent que du bout des lèvres. On annonce que la communauté internationale s’organise pour envoyer des dons. Un prêt d’urgence de 20 millions d’euros a été alloué par l’ONU à la Somalie. Mais cette somme ne suffit pas. Les Nations unies réclament quatre milliards d’euros d’ici à juillet pour faire face à la faim.  Le Canada a déjà déposé 120 millions de dollars. Plus touchant et émouvant, c’est cette vidéo publiée sur twitter, d’une députée suédoise avec son bébé dans les bras au Parlement européen, qui a lancé un appel contre la famine dans le monde. «A travers mes enfants, je vois les enfants du monde entier.  Ce soir, quand je mettrai mon enfant au lit en sécurité, je saurais que, dans d’autres régions du monde, des mères n’ont pas la même garantie que leurs enfants s’endorment sans avoir faim. Nous, les Européens, devons être bien plus solidaires avec les enfants souffrant de famine. » Elle n’est pas africaine et elle ne risque pas la famine, mais elle s’est sentie interpelée par ce que vivent d’autres personnes sous d’autres cieux. « Ce n’est pas acceptable que des populations meurent de faim quand nous avons toutes les informations nécessaires. Ce n’est pas acceptable que le monde entier ferme les yeux », s’est-elle également indignée

Les uns meurent,  les autres spectateurs !

Pendant ce temps, que font les Etats africains pour venir en aide aux pays touchés par cette catastrophe humanitaire? Où est passée la solidarité et la confraternité africaine. C’est bien déplorable que jusque là, ni l’Union africaine, ni les organisations sous régionales encore moins les Etats ne se sont fendus ne serait-ce que d’une déclaration de solidarité ou d’un appel à l’aide. Alors que même une visite symbolique dans un camp de réfugiés ou dans l’une des zones touchées par la famine, pourrait réconforter moralement les victimes. Si déplorable que s’il s’était agi d’une investiture d’un des nombreux dirigeants véreux, la mobilisation serait grandiose. Tous seraient enchantés du voyage et des retrouvailles pour célébrer les voix que ces peuples affamés et qui meurent à petit feu, auraient accordées à l’intéressé. Entre temps le président en exercice de l’union africaine demande à ses paires de « couper le cordon ombilical avec la France ». D’ailleurs lui qui aime voyager, devenu le fervent diplomate, le nouveau médiateur des crises et qui se réclame panafricaniste, qu’attend t-il pour user de son statut de « Président de l’Afrique », pour tenter d’arrêter la folie meurtrière au Soudan du Sud? Ce dernier-né des Etats africains, qui aurait pu mériter de l’attention de ses grands frères, de près de 60 ans ses aînés. Malheureusement, ils  assistent en spectateurs au déchirement de ce pays depuis trois ans. Des Villages pillés, des femmes violées, les  activités agricoles entravées par le conflit. Le pire est que le gouvernement de Juba utilise ses maigres ressources pour s’armer « pour tuer »  au lieu de  porter secours à sa population qui meurt de faim. Africains, indignez-vous!

Asmaou Barry

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