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COTE D’IVOIRE : Ouattara face à son passé

On croyait la parenthèse de la mutinerie refermée en Côte d’Ivoire. Mais visiblement, cette perception plutôt optimiste des choses avait le défaut d’un biais lié à un mauvais diagnostic de la situation. En effet, de toute évidence, la protestation des soldats ivoiriens n’est pas motivée que par une réclamation de sous. En dessous, il y a le passé trouble qui vient hanter le sommeil d’Alassane Ouattara. D’autant que Guillaume Soro, son bras armé du temps des forces nouvelles, ne doit pas être content des dernières évolutions dans l’attelage institutionnel du pays. Encore que la promptitude et la facilité avec lesquelles le président ivoirien a cédé aux revendications de la soldatesque a donné des idées aux paramilitaires.

Ouattara rattrapé par son passé

Alassane Ouattara aurait dû s’inspirer du cas de Laurent Désiré Kabila de la RDC. Un pouvoir conquis avec l’aide d’une rébellion n’est jamais tout à fait acquis. S’il faut dire les choses telles qu’elles sont, on devra admettre que les regrettables événements que connait aujourd’hui  la Côte d’Ivoire ne sont rien d’autre que des conséquences lointaines de la crise postélectorale de 2010-2011. Les mutins d’aujourd’hui ne sont que les ex-membres de la rébellion des Forces nouvelles qui, en plus d’avoir été incorporés dans l’armée régulière, ont le toupet de réclamer des rançons qu’ils ne se gênent pas d’appeler des primes. Voilà ce que l’on récolte quand on s’obstine à avoir le pouvoir par tous les moyens. Président en otage, c’est ce que l’on devient.

Un président froussard

A cette malformation congénitale de son pouvoir, Alassane Ouattara a ajouté deux autres erreurs monumentales. D’abord, plus apeuré qu’on aurait pu l’imaginer, il s’est empressé de céder aux exigences des mutins de la semaine dernière. Sans même s’imaginer l’effet domino que cela entrainerait, il a tout de suite accepté que chacun des 8500 soldats grognards se fasse verser la rondelette somme de 12 millions de FCFA. Il faut vraiment aimer le pouvoir pour entériner aussi facilement une telle folie. Et comme il fallait s’y attendre, de tels montants devaient tout naturellement faire des envieux. D’où la sortie des gendarmes. En attendant que les fonctionnaires, également en grève, décident de corser le mouvement. Parce qu’en fin de compte, le principal enseignement de cette crise, c’est qu’avec Alassane Ouattara, les méthodes fortes sont enclines à produire plus de résultats.

Soro en embuscade

La seconde erreur du président ivoirien réside dans les dernières réformes institutionnelles issues du référendum. En particulier, il est question du titulaire du nouveau poste de la vice-présidence. Attribué à Daniel Kablan Duncan, le poste confère à ce dernier le statut de dauphin constitutionnel, qui était jadis détenu par Guillaume Soro au titre de son poste de président de l’Assemblée nationale. Logiquement mécontent de ces développements synonyme d’une redistribution des cartes dans l’optique du rendez-vous de 2020, Guillaume Soro, toujours influent au sein des ex-rebelles, semblent avoir décidé de rappeler Ouattara à l’ordre. A propos, son silence est suffisamment évocateur. Tirant les ficelles en douce, il observe les événements avec un certain détachement et le flegme qui le caractèrise.

Boubacar Sanso Barry   

 

 

 

 

 

 

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4 Comments

  1. Djara Mina Djara

    19 janvier 2017 at 15 h 01 min

    Le Président OUATTARA trouvera des solutions à ses différents problèmes.
    On ne règle pas un problème dans la précipitation.

    • TOBA

      16 avril 2017 at 18 h 28 min

      Je ne sais pas de quelles primes Allassane Dramane Ouattara et son gouvernement parlent: Primes des ex-rebelles pour avoir activement participé à sa rebellion d’alors, appélée mpci puis muées en Forces Nouvelles menées officiellement sous un angle politique par Kigbafory Soro Guillaume et officieusement par ADO lui-même alors que la rébellions décimait les ivoiriens sur son passage, éventrait et égorgeait la population ou, des primes à recevoir en tant que soldats de l’armée régulière de Côte d’Ivoire et partant n’ayant donc pas pris part à la rébellion? Le régime en place a toujours affirmé et soutenu que les membres de son armée devaient percevoir des sommes prévues dans les dispositions des accords Triparties signés de Ouaga entre Le Président Gbagbo, La rébellion(officiellement représentée par Soro KIGBAFORY Guillaume) et Compaoré.Il n’a jamais été question que le Président Gbagbo rémunère de quelque façon les rebelles, il était question de definir le cadre d’expression, des élections après désaramement des rébelles (un préalable qui n’a pas été respecté), le respect non seulement, de la zone-tampon mais aussi du cessez-le-feu qui devait abourir à un redéploiment de l’administration de l’Etat de Côte d’Ivoire sur toute l’étendue du terroire national.Il n’a jamais été question nulle par de verser des primes à la rébellion d’autant plus que dès le déclenchement de la rébellion qui avait partionné la pays, des négociations avaient été amorcées au Togo sous les auspices de feu le président Gnassingbé Eyadéma, alors président du Togo qui avait demandé aux rebelles pourquoi ils avaient pris les armes? Les rébelles avaient affirmé: nous avons pris les armes pour deux raisons: 1. l’argent pour l’amélioration de nos conditions de vie et 2. pour nôtre insertion dans l’armée , car ces rebelles étaient pour la plupart des soldats qui ont été formé SOUS le régime du chef de l’Etat le
      général Robert Guéi et étaient en instance d’intégration dans les FDS -ci.C’est alors que les envoyés du gouvenement du Côte d’Ivoire ont fait savoir très tôt que si c’était pour ces raisons la rébellion était donc finie. Parce que le Président Gbagbo avait illico donné instruction pour que ces deux question soitent rapidement réglées afin que le pays recouvrasse son intégrité territoriale. C’est alors que les rébelles vont se dédire comme quoi ce n’était ni un problème d’argent ni leur intégration dans l’armée et évoquèrent ainsi d’autres raisons qui n’avaient en aucun cas trait aux premières.C’est donc cette situation de denière minute qui a conduit à LOME II . S’il vous plait, il faut que ce régime apprenne une seule fois à dire la vérité et à assumer son passé.Nous , nous avons assez d’archives électroniques, papiers et toute la presse d’alors et dans les différents accords: LOME ACCRA PRETORIA OUAGA il n’a été évoqué nulle part et dans aucun accord que l’Etat de Côte d’Ivoire devait verser des primes à la rebellion, ni sous Gbagbo ni sous un président qui succéderait au président Gbagbo. Alors, qaund ce régime en place argue que la question de ces sommes versées aux soldats de
      rebellion fait partie des accords ,Qu’ils nous disent de quels accords il s’agit car nous avons les textes des différents accords issus des pourparlers ou négociations de lomé , accra , prétoria et ouaga que le Président Gbagbo a intégralement publiés dans le journal officiel de la république de Côte Côte d’Ivoire. En clair , ce régime a toujours fait du faux et continue de donner dans le faux et le dilatoire pour justifier sa politique france-africaine réprouvée par les ivoiriens. C’est de l’argent que le contribuable ivoirien paie sans aucun intérêt au lourd prix de sa souffrance alors qu il ‘y a une pression fiscale tous azymuts sur les ivoiriens rien que pour entretenir une milice et payer des taxes de toutes sortes à la France. Avec tout cela ils nous chantent à n’en point finir  » émergence en 2020″.Moi, en tant qu’analyste financier et gestionnaire de projets, la Côte d’Ivoire est très loin de devenir émergente pour plusieurs raisons d’ordre: économique, social, politique et fiancère qui ne permettront jamais à nôtre pays de devenir émergent pour ne pas dire industrilisé tant que nous resterons en
      l’état actuel des choses. On ne s’assoit pas dans un bureau pour décréter qu’on est émergent ou qu’on devient émergent.L’émergence que prône ce régime n’est pas et ne sera pas au rendez-vous ni en 2020 ni en 2100 tant que certaines conditions sine qua non ne seront pas crées.Eux, ils le savent très; que tout cequ’ils disent est harchi-faux parlant ‘émergence.

      Merci

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