25 NOVEMBRE 1990 : ce rappel plutôt instructif de Bah Oury

Au 25 novembre, très peu de Guinéens en général et ceux plus jeunes en particulier, associent un évènement majeur. Pourtant, à en croire Bah Oury, le vice-président exclu de l’UFDG, cette date reste liée à une date d’une portée symbolique et qui devrait même faire écho aux tensions politiques que le pays vit aujourd’hui. En marge de la commémoration de l’an 1 de la disparition de Thierno Maadjou Sow, l’ancien président de l’Organisation guinéenne pour la défense des droits de l’Homme et du citoyen (OGDH), ce jour-là, cette organisation justement a animé la toute première manifestation contre l’usage des armes à feu dans le cadre de la gestion des protestations publiques.

Vers la fin de l’année 90, des tensions d’une certaine ampleur ont éclaté à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Selon Bah Oury, le fond de la crise c’était qu’à l’université, centre de contestation du régime transitoire de Lansana Conté, les étudiants réclamaient des organisations  autonomes. Des revendications que Bah Oury pense être tout aussi « démocratiques que pédagogiques ». Mais ce n’est pas ainsi que les autorités de l’époque ont perçu les choses. Au point que des altercations ont fini par éclater entre les étudiants et les forces de l’ordre.  Altercations qui devaient conduire, le 22 novembre 1990, à la mort de l’étudiant Sekou Traoré.

Suite à cette bavure, l’OGDH dont faisait partie Bah Oury et Thierno Maadjou Sow, a lancé un appel en faveur d’une manifestation pour protester contre l’utilisation des armes dans la gestion des manifestations publiques

Le 25 novembre 1990, nous avons organisé une manifestation pour protester contre l’utilisation des armes à feu dans le cadre de la répression des manifestations pacifiques. Et au cours de cette manifestation, beaucoup d’entre nous ont été arrêté dont Dr Thierno Maadjou Sow, moi-même et d’autres jeunes étudiants qui étaient des condisciples de Sékou Traoré. Ils nous ont gardés pendant 3 jours, et par la suite on a été relâché. C’était la première action publique de protestation que l’OGDH   organise. Mais C’était très important à l’époque. Nous venions de sortir d’une longue  dictature qui s’est terminé en 1984. Et il fallait ne pas rester inactif  lorsque que des mécanismes allant dans le sens de la répétition  de ce qui prévalait  au paravent, sont en vue de renaître. Et voilà la raison et la justification de cette action du 25 novembre 1990.

Balla Yombouno

 

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