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CENTRAFRIQUE : Halte à la déstabilisation

Il est de plus en évident que la nouvelle flambée de violences qui émaillent la Centrafrique n’a rien d’ordinaire. Il ne s’agit pas que des affrontements résultant de la fragilité de tout processus transitoire. Ce n’est pas non plus  que musulmans et chrétiens aient subitement décidé de se massacrer, les uns les autres. Pour que les protagonistes en viennent à passer outre le couvre-feu, qu’ils ciblent des institutions aussi pacifiques que les ONG humanitaires et qu’ils aillent jusqu’à vouloir prendre le pouvoir, il doit y avoir en dessous quelque chose de savamment planifié. Parmi les acteurs à l’intérieur ou à l’extérieur du processus, il y en a certainement qui ne voulaient pas que le pays renoue avec l’ordre constitutionnel à la faveur des élections initialement programmées pour le 18 octobre prochain.

L’objectif ultime du scénario horrible qui se joue depuis le week-end passé à Bangui, c’est la remise en cause d’un processus transitoire qui, en dépit de beaucoup d’atermoiements et de faux pas, était parti pour déboucher sur l’ordre constitutionnel. Décidément, quelqu’un n’avait aucun intérêt en cette issue heureuse. Et de toute évidence, le fameux assassinat du tout aussi fameux conducteur de taxi-moto a manifestement été le premier acte du plan de sabotage en cours. Il semble que l’idée est de provoquer une situation insurrectionnelle pour qu’à son tour, celle-ci serve de prétexte à la confiscation du pouvoir des mains des autorités actuelles de la Transition.

Comme c’est souvent le cas en pareille circonstance, le peuple sert d’alibi aux comploteurs. Exploitant éhontément la fibre nationaliste de ce dernier, il le monte contre toutes les institutions susceptibles de faire échec à leur plan machiavélique.  La Minusca, l’opération Sangaris et mêmes les ONG humanitaires deviennent alors subitement des ennemies abattre. Or, pour une fois, leur supposé parti pris n’est qu’un argument. Leur véritable faute ? C’est le fait qu’elles peuvent s’opposer à la mise en œuvre du plan en cours ou tout au moins en démonter la charpente. Bref, vu les horribles pensées qui hantent certains, l’idée même de témoin est inenvisageable.

L’autre pan du plan, ce sont toutes ses organisations de la société civile opportunément sorties de nulle part et dont la mission serait conférer aux revendications des saboteurs un semblant de légitimité. C’est notamment le cas du très obscur et particulièrement démagogue Mouvement citoyen pour l’appropriation de la destinée de la Centrafrique. Une dénomination aussi vague qu’abstraite.

Devant le chaos et l’horreur dans lesquels certains voudraient installer le pays, la population a le devoir de faire montre d’intelligence pour ne pas se laisser abuser par les manipulateurs. Elle doit faire en sorte de ne pas elle-même, par sa naïveté, précipiter la Centrafrique dans le gouffre qui l’engloutira tout entière. Pour cela, elle doit faire appel à l’harmonie, à l’entente cordiale et l’unité qui ont toujours caractérisé les rapports entre les différentes communautés composant la Nation. Pour ce qui est de forces étrangères présentes en RCA, le défi est si grand que l’horreur du génocide rwandais est encore dans toutes les mémoires.

Boubacar Sanso Barry

 

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