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CENTRAFRIQUE : Une transition en péril

Alors qu’au Burkina Faso, la transition se remet à peine sur les rails, celle centrafricaine vient de renouer avec les turbulences. A Bangui, les démons sont de retour. Au PK5, musulmans et chrétiens se regardent de nouveau en chiens de faïence et les victimes se comptent par dizaines. Les véritables instigateurs de ce regain de tension ne sont pas identifiés. Leurs mobiles authentiques le sont encore moins. Mais leurs esprits maléfiques sont certainement une sérieuse menace pour le processus de retour à l’ordre constitutionnel.

Pour le moment, on ne parle ni de Séléka, ni d’anti-balaka. Mais le péril qui guette la transition est bien réel. En témoignent les affrontements violents du week-end en plein cœur de Bangui. Le bilan établi par des sources hospitalières fait état d’une trentaine de victimes et d’un nombre indéfini de blessés. Au-delà de ce bilan, somme toute élevé, c’est la méfiance des Banguissois et plus largement des Centrafricains à l’égard des institutions de la transition qui inquiète. La neutralité des forces étrangères (Sangaris et Minusca) est en effet de plus en plus remise en cause. Elles sont accusées d’avoir mis du temps à intervenir pour faire cesser les affrontements du week-end. Une attitude perçue comme un parti pris déguisé en faveur des assaillants.

Outre ces troupes étrangères, symbole de l’implication controversée de la communauté internationale dans la crise centrafricaine, ce sont les autorités de la transition, elles-mêmes, qui sont de plus en plus en perte de légitimité aux yeux de certains Centrafricains. Ainsi, on commence à réclamer la démission de la présidente, Catherine Samba Panza et la dissolution du CNT, le parlement de la transition.

La violence des affrontements, le bilan particulièrement élevé et cette série de revendications plutôt inédites dans le contexte centrafricain amènent à se demander si, quelque part, quelqu’un ne tire pas les ficelles d’une manœuvre visant à déstabiliser le processus de la Transition. D’autant que tout cela tire son origine de l’assassinat à la limite banal d’un conducteur de taxi-moto. Ce n’est pas que la mort d’un individu soit normale en Centrafrique. Mais le pays a connu pire sans qu’il n’en résulte des conséquences aussi périlleuses. Par ailleurs, le flou qui entoure aussi bien les acteurs de cette nouvelle flambée de violence que ses mobiles laisse transparaitre une sorte de complot dont les populations seraient des otages inconscients.

Boubacar Sanso Barry   

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