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February 20, 2020
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Dans la crise sécuritaire qui caractérise le septentrion malien, il y a quelque chose de franchement incompréhensible.  Depuis que des jihadistes mêlés aux indépendantistes touarègues y ont foutu le bordel, la région a du mal à retrouver son climat ordinaire. Au contraire, quelquefois, la gangrène donne l’impression de s’attaquer à tout le pays. C’est à croire que l’opération Serval n’avait pas servi à grand-chose. Au regard des problèmes qui sont de plus en plus récurrents dans cette partie du pays, on oublierait presque qu’un accord avait été dernièrement conclu entre mouvements indépendantistes touarègues et gouvernement malien. Car, comme le démontre la prise d’otages de vendredi à Sevaré, l’insécurité y est toujours souveraine

Treize, c’est le nombre de victimes de la prise d’otage de l’hôtel Byblos, à Sevaré. Les assaillants et des occupants de l’hôtel, bien entendu. Mais aussi, quatre soldats maliens ayant pris part à la tentative de sauvetage des otages. De nouveaux morts qui viennent s’ajouter à une liste déjà suffisamment longue des victimes de cette lancinante et décidément interminable crise sécuritaire. En effet, on a tout essayé contre les semeurs de désordre qui sévissent dans cette région. Les soldats français de l’opération Serval, épaulés par les très téméraires tchadiens, s’y sont essayés. Ils ont ensuite été remplacés par la Minusma. De temps en temps, Barkhane qui a une visée plus régionale, est également sollicitée pour des missions plus ciblées.

Parallèlement à cette stratégie du bâton, certains ont voulu essayer la carotte. On a ainsi longuement négocié avec la CMA. L’argument était que, partant du principe que certaines des revendications de ces groupes indépendantistes sont admissibles, il faut les écouter. A l’issue d’un dialogue piloté par le puissant voisin algérien, un accord a laborieusement vu le jour entre les autorités légitimes maliennes et les mouvements réunis sous le label de la CMA.

Mais force est de reconnaître que rien de tout cela ne donne les résultats escomptés. Les citoyens vivant dans la partie du nord du pays continuent de vivre la peur au ventre. Ils intériorisent qu’à tout moment, ils peuvent être enlevés. Ils ont également conscience que la mort rode tout près de leurs demeures respectives, de leurs lieux de travail, de leurs centres de loisirs ou tout simplement le long des routes qu’ils parcourent. S’ils ne sont pas fauchés par une balle ou déchiquetés par une bombe, ils peuvent tout de même banalement perdre l’usage de l’un de leurs membres, en plaçant malencontreusement leur pied sur une des mines anti-personnel disséminées à travers tout ce vaste et austère territoire.

En dépit de tous les efforts réels ou supposés, voilà à quoi ressemble une bonne partie du Mali d’aujourd’hui. Parce que le pouvoir et l’armée ne sont pas en mesure de changer la donne. Alors que la communauté internationale se cantonne à un service minimum. Si ce n’est que certains trouvent plutôt leur compte dans cette situation de ni guerre, ni paix.

Boubacar Sanso Barry     

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